Visioconférence : Pour concurrencer Zoom, Google Meet devient gratuit pour tout le monde

TECH Jusque-là réservé aux entreprises, Meet veut séduire le grand public confiné avec de la visioconférence pouvant rassembler 100 personnes

Philippe Berry

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Google Meet, le service «premium» de vidéoconférence de Google, devient gratuit pour le grand public pour concurrencer Zoom.
Google Meet, le service «premium» de vidéoconférence de Google, devient gratuit pour le grand public pour concurrencer Zoom. — GOOGLE
  • L’outil « premium » de visioconférence de Google, Meet, qui était réservé aux entreprises, devient gratuit pour tout le monde.
  • Google espère séduire le grand public et concurrencer Zoom, qui a explosé avec le confinement, avec 300 millions d’utilisateurs quotidiens.
  • Google mise notamment sur la sécurité et sur le milliard d’utilisateurs de Gmail.

Les géants de la Silicon Valley contre-attaquent. Face au succès phénoménal de Zoom sur la visioconférence en pleine crise du coronavirus, qui a multiplié par 30 son nombre d’utilisateurs quotidiens pendant le confinement (de 10 millions à 300 millions), Facebook a dévoilé Messenger Rooms la semaine dernière. Ce mercredi, c’est Google qui sort l’artillerie lourde : son service Meet, qui était jusque-là payant et réservé aux entreprises, va devenir gratuit et accessible à tout le monde. Le déploiement doit commencer lundi prochain et sera étalé sur plusieurs semaines. Meet remplacera progressivement le chat vidéo Hangouts, qui n’avait pas vraiment évolué depuis plusieurs années.

Concrètement, avec Google Meet, le grand public aura accès, sur ordinateur, iOS et Android, à :

  • de la visioconférence jusqu’à 100 participants
  • un affichage « mosaïque » qui permet de voir 16 personnes à la fois
  • des sessions d’une durée illimitée pendant le coronavirus (qui seront limitées à une heure après le 30 septembre)
  • la possibilité de partager son écran pour faire une présentation
  • des sous-titres en temps réel grâce à l’intelligence artificielle

Google insiste sur la sécurité

« Zoombombing » (intrusion de personnes non invitées), fuite d’identifiants sur le « dark Net », enregistrements piratés, données partagées automatiquement avec Facebook… Le succès de Zoom s’est accompagné d’une liste interminable de polémiques sur la vie privée et la sécurité. La start-up a présenté ses excuses et embauché l’ancien patron de la sécurité de Facebook, Alex Stamos, pour revoir de fond en comble ses pratiques.

Lors d’une présentation aux journalistes à laquelle 20 Minutes a participé, Smita Hashim, directrice produit de Google Meet, a insisté : « La sécurité fait partie de l’ADN de Meet. » Elle cite notamment des noms de sessions complexes difficiles à pirater, un contrôle absolu du créateur d’un meeting, qui peut virer tout participant ou couper le son d’une personne, et un chiffrement « en transit » pour protéger la confidentialité des données sensibles, par exemple pour la télémédecine.

Enfin, la version Web fonctionne directement dans Chrome (ou d’autres navigateurs modernes). Il n’y a donc pas besoin d’installer un plugin ou un programme, ce qui garantit que les utilisateurs disposent toujours de la version « la plus récente et la plus sûre », insiste Hashim.

Capitaliser sur le milliard d’utilisateurs de Gmail

Si l’entreprise de Mountain View a pris du retard sur Zoom – surtout culturellement et chez les plus jeunes – elle ne part pas de zéro. Selon Google, Meet a passé la semaine dernière le cap des 100 millions d’utilisateurs quotidiens et en ajoute chaque jour 3 millions. L’intégration prochaine du service à Gmail et Google Calendar devrait lui permettre de capitaliser sur une base de plus d’un milliard d’utilisateurs.

Google et Facebook ne sont pas les seuls à vouloir leur part d’un marché de la visioconférence en pleine explosion. Slack, Microsoft, Cisco ou l’opérateur Verizon sont aussi sur les rangs. Car selon Smita Hashim, le coronavirus a changé la donne : « Il n’y aura pas de retour en arrière », prédit-elle. « Pour le télétravail, la collaboration ou du lien social, la tendance est partie pour durer. »