Libra, données personnelles, désinformation... Mark Zuckerberg passe un sale moment face au Congrès américain

AUDITION Le patron de Facebook était venu pour défendre son projet de monnaie numérique mais il a dû batailler avec des élus remontés

P.B. avec AFP

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Le patron de Facebook Mark Zuckerberg défend son projet de monnaie numérique Libra devant le Congrès américain le 23 octobre 2019.
Le patron de Facebook Mark Zuckerberg défend son projet de monnaie numérique Libra devant le Congrès américain le 23 octobre 2019. — Andrew Harnik/AP/SIPA

Si sa coupe de cheveux, moquée sur Twitter et même par une élue, était son seul souci, Mark Zuckerberg s’en serait sans doute réjoui. Mais le leader de Facebook, venu défendre devant le Congrès américain son projet de cryptomonnaie Libra, mercredi, l’a vite réalisé : il a un problème de confiance. Et les élus américains ne se sont pas privés de le lui rappeler.

« Je sais que je ne suis pas forcément le messager idéal, nous devons regagner la confiance » des élus et des utilisateurs, a reconnu le jeune milliardaire. Pendant près de cinq heures, il a tenté de rassurer le Congrès, acceptant de servir de punching-ball.

Le fonctionnement de Libra « pas encore verrouillé »

Sur le projet de cryptomonnaie porté par Facebook – qui a perdu plusieurs partenaires ces derniers mois – Mark Zuckerberg l’a affirmé, « nous n’avons pas encore verrouillé exactement comment cela va fonctionner. » Interrogé sur la possibilité de relier la Libra uniquement au dollar américain, le dirigeant Zuckerberg a répondu que "la communauté (de partenaires) était divisée sur cette question". Il a concédé que ce serait plus simple du point de vue des régulateurs, mais que la nouvelle monnaie "serait peut-être moins bien accueillie dans certains endroits si elle est basée à 100 % sur le dollar".

Il a répété à plusieurs reprises que la Libra, gérée par une association indépendante (composée d’entreprises et organisations à but non lucratif), ne serait pas lancée avant d’avoir obtenu tous les feux verts nécessaires des régulateurs. "L’association Libra est séparée de Facebook. Si je vois que nous n’arrivons pas à continuer en accord avec les principes que j’ai établis, alors Facebook se retirera du projet", a assuré Mark Zuckerberg. L’élue Nydia Velazquez l’a repris de volée, rappelant que Facebook avait promis que WhatsApp resterait séparé : « Comprenez-vous que nous sommes inquiets vu votre passif ? Avez-vous appris à ne plus mentir ? »

Echange tendu avec Alexandria Ocasio-Cortez

Scandale Cambridge Analytica, publicité ciblée, fact-checking, propagande… La jeune représentante new-yorkaise Alexandria Ocasio-Cortez a tiré à boulets rouges sur Mark Zuckerberg pour l’ensemble de son œuvre à la tête de Facebook. Dans un échange tendu de cinq minutes, le dirigeant a répondu plusieurs fois « Je ne me souviens pas » (sur la chronologie de Cambridge Analytica) et a peiné à expliquer les standards de l’entreprise sur les publicités politiques.

Les soucis de Mark Zuckerberg ne se limitent pas au Congrès. 45 Etats ont lancé une vaste enquête antitrust contre l’entreprise pour déterminer si elle avait abusé de sa position dominante, et la candidate démocrate Elizabeth Warren a promis de démanteler Facebook si elle est élue. Turbulences en vue.