Etats-Unis: Le projet de monnaie virtuelle de Telegram connaît un revers

COUP DE FREIN L’entreprise, qui a déjà levé plus de 1,7 milliard de dollars pour son projet, doit lancer ce mois-ci sa monnaie virtuelle

20 Minutes avec AFP
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L'application Telegram sur mobile (illustration).
L'application Telegram sur mobile (illustration). — Wally Santana/AP/SIPA

Mauvais temps pour les entreprises du numérique voulant avoir une cryptomonnaie. Après Facebook, c’est au tour de Telegram de connaître un contretemps dans son projet. Le gendarme américain des marchés (SEC) a en effet obtenu vendredi de la justice américaine qu’elle bloque temporairement la levée de fonds de la plateforme de messagerie cryptée. L’entreprise prévoit de lancer ce mois-ci sa monnaie virtuelle. La SEC avait saisi la justice au motif que Telegram, qui a déjà levé plus de 1,7 milliard de dollars pour son projet, n’avait pas enregistré son offre et ses conditions auprès du gendarme des marchés.

Une messagerie utilisée par 250 millions de personnes

C’est donc un sérieux revers pour Telegram, dont les ambitions dans le domaine de la monnaie virtuelle passent par une légitimité réglementaire sans faille, les cryptomonnaies véhiculant souvent une image sulfureuse. Fort d’un réseau considérable d’utilisateurs de sa messagerie, estimé à 250 millions de personnes, Telegram avait annoncé le lancement de sa monnaie virtuelle, « Gram », d’ici au 31 octobre.

Son réseau TON (Telegram Open Network), reposant sur la technologie blockchain, devrait créer tout un système de paiement sécurisé et rapide se voulant « une alternative à Visa et Mastercard pour une nouvelle économie décentralisée », selon un document ayant fuité l’an dernier. Sur la foi de ce projet, le fondateur de Telegram, le Russe Pavel Dourov, et sa société, ont pu lever des fonds auprès de 171 investisseurs privés. Le gendarme boursier précise qu’environ 424,5 millions de dollars de la somme levée provenaient d’investisseurs américains, au nombre de 39, ce qui lui donne juridiction pour saisir la justice américaine. L’équipe de développement de Telegram est basée à Dubaï, tandis que la société est enregistrée aux Iles Vierges britanniques.

Telegram n’a communiqué aux investisseurs aucune information

Outre le fait que l’offre n’a pas été enregistrée, la SEC souligne que Telegram n’a communiqué aux investisseurs aucune information sur sa situation financière ou sur son plan d’affaires. Le gendarme estime également que la somme déjà levée dépasse de très loin les besoins de Telegram pour financer sa monnaie virtuelle et continuer le développement de sa messagerie.