Publicités politiques mensongères : Des risques de fake news sur Facebook au nom de la liberté d’expression ?

FAKE NEWS Face à la polémique sur la diffusion de publicités politiques mensongères, Mark Zuckerberg s’est justifié jeudi soir en invoquant la liberté d’expression

avec AFP

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Mark Zuckerberg évoque sa vision de la liberté d'expression devant les étudiants de l'Université de Georgetown, le jeudi 17 octobre 2019.
Mark Zuckerberg évoque sa vision de la liberté d'expression devant les étudiants de l'Université de Georgetown, le jeudi 17 octobre 2019. — Nick Wass/AP/SIPA

Ce jeudi, le patron de Facebook a tenté (vainement) de désamorcer une nouvelle polémique à laquelle le réseau doit faire face. Ce dernier a expliqué jeudi soir devant un parterre d’étudiants de la prestigieuse université de Georgetown à Washington, que c’était au nom de la liberté d’expression, que le réseau social ne bannirait pas les publicités politiques lors des futures campagnes électorales, au risque de diffuser des fake news.

« En cas de doute, nous devrions toujours pencher vers une plus grande liberté d’expression », a-t-il assuré. La polémique est née début octobre lorsque le président Donald Trump a diffusé une vidéo qui affirmait que le candidat démocrate Joe Biden, lorsqu’il était vice-président de Barack Obama, « avait promis un milliard de dollars à l’Ukraine si elle limogeait le procureur enquêtant sur l’entreprise de son fils ». Une information fausse et pourtant, lorsque ce dernier avait demandé à Facebook de supprimer cette vidéo, le réseau social avait refusé. « Dans une démocratie je pense que c’est aux gens de décider ce qui est crédible, pas aux entreprises de la tech », a-t-il ensuite justifié tout en précisant que le principe devait prévoir quelques exceptions, comme en cas d’incitation à la violence.

Facebook sur la sellette

La plateforme qui assure avoir fait de la lutte contre les fake news son cheval de bataille, fait donc une exception pour les personnalités politiques. Une étrange décision quand on sait que Facebook est particulièrement sur la sellette à l’approche de l’élection présidentielle de 2020, après le scandale Cambridge Analytica. La société britannique avait utilisé les données personnelles de dizaines de millions d’usagers de Facebook pour influer sur l’issue du vote en 2016, en faveur de Donald Trump.

A cela se sont ajoutées les révélations sur les campagnes de désinformation en ligne menée par une officine russe proche du Kremlin, pour aider la candidature de Donald Trump.

« Où fixer la limite ?»

Mark Zuckerberg défend cette décision en assurant que les publicités politiques sont utiles aux petits candidats, aux candidats locaux, aux challengers ou encore à certains groupes qui seraient, sinon, ignorés par les médias. « Bannies, les publicités politiques favorisent ceux qui sont déjà en poste et ceux que les médias couvrent », a jugé le jeune milliardaire.

« Où fixer la limite ? Il y a bien plus de publicités sur des sujets controversés qu’il n’y en a directement liées à une élection », a-t-il souligné. Quid des questions de santé, d’immigration, de droits des femmes ? « Cela aurait-il réellement un sens de donner une voix à tout le monde dans des débats politiques sauf aux candidats ? », a-t-il argué. « Je ne pense pas que la majorité des gens veulent vivre dans un monde où l’on puisse mettre en ligne que des choses dont les entreprises de la tech jugent qu’elles sont vraies à 100 % », a-t-il insisté.