L'appel à l'aide de Laura, terrorisée depuis la libération de son ex-conjoint qui a tenté de la tuer

VIOLENCES CONJUGALES Après la libération de son ex-compagnon qui a tenté de la tuer sous les yeux de sa fille, Laura se sent abandonnée par la justice et interpelle le gouvernement sur Twitter

H. B.

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Laura, victime de violences conjugales, lance un appel à l'aide après la libération de son ex-conjoint.
Laura, victime de violences conjugales, lance un appel à l'aide après la libération de son ex-conjoint. — Capture d'écran Twitter

« À l’aide ! » C’est par ces mots que commence le thread posté cette semaine sur Twitter par Laura, une mère de famille victime d’ une tentative de meurtre de la part de son ex-conjoint.

Après dix mois de détention provisoire, son ex-compagnon a été remis en liberté en février dernier, dans l’attente de son procès. « Rescapée d’une tentative de meurtre, en présence de ma fille de 2 ans, la justice me tourne le dos », explique la jeune femme, qui pousse aujourd’hui un cri d’alarme sur les réseaux sociaux.

« Comment un juge peut-il oser dire qu’un homme violent est un bon père et m’obliger à lui présenter ma fille ? »

« Pourquoi un homme violent, accusé de tentative de meurtre, peut-il être remis en liberté avant son procès au détriment des victimes ? (…) Comment un juge peut-il oser dire qu’un homme violent est un bon père et m’obliger à lui présenter ma fille ? », s’interroge Laura dans une série de tweets, dans lesquels elle interpelle les médias et le gouvernement.

Dans la nuit du 16 au 17 avril 2018, alcoolisé, son ex-conjoint l’avait battue et étranglée sous les yeux de leur enfant, dans leur appartement d’Antony (Hauts-de-Seine). Les voisins étaient intervenus et avaient prévenu la police. Interpellé, l’homme avait été mis en examen et placé en détention provisoire pour « tentative d’homicide », indique Le Parisien. Il a été remis en liberté conditionnelle le 14 février dernier. Il a aujourd’hui interdiction d’approcher Laura et sa fille, en dehors de visites médiatisées, c’est-à-dire en présence d’un tiers.

« Protégez-moi ! Protégez ma fille jusqu’au procès »

Depuis, la jeune femme vit dans l’angoisse. Son ex-conjoint l’a même assignée en justice devant le juge aux affaires familiales pour demander la garde de sa fille. « Je suis désespérée par notre système judiciaire qui abandonne les victimes. Je veux juste que ça s’arrête et avoir la paix. J’ai peur pour ma vie, et aussi pour celle de ma fille. Je ne sais pas si je vais mourir demain […] Protégez-moi ! Protégez ma fille jusqu’au procès », supplie Laura sur Twitter, interpellant les ministres Marlène Schiappa et Nicole Belloubet.

La mère de famille a également envoyé un courrier au député Les Républicains du Lot Aurélien Pradié, qui lui a répondu, indiquant avoir écrit à la ministre de la Justice Nicole Belloubet ainsi qu’à Marlène Schiappa.

« On suit le dossier au jour le jour », indique le cabinet de Marlène Schiappa

Laura lance aujourd’hui cet appel au secours pour interpeller les pouvoirs publics. Elle demande que son ex-compagnon ait au minimum un bracelet électronique et une interdiction totale de paraître en Ile-de-France. «@MarleneSchiappa,@NBelloubet,@CCastaner. Je réclame pr notre protection : la détention provisoire, un bracelet électronique, l’interdiction d’île de France, d’approcher le domicile de mes parents et de mon lieu de travail, et la suppression de la visite médiatisée jusqu’au procès ».

Le cabinet de la secrétaire d’État à l’égalité entre les femmes et les hommes a assuré au Figaro être en lien avec Laura. « Chaque jour, on reçoit des dizaines d’interpellations sur des cas particuliers de violences (…) À chaque fois on passe l’affaire au préfet et aux ministères concernés et on suit le dossier au jour le jour », indique le ministère.