On a testé la navigation en réalité augmentée de Google Maps

GOOGLE I/O Après «Pokémon Go», ce mode AR de Google Maps devrait un peu plus démocratiser une technologie qui a le vent en poupe

Philippe Berry

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La navigation piétonne en réalité augmentée de Google Maps est disponible en version preview dans la bêta d'Android Q.
La navigation piétonne en réalité augmentée de Google Maps est disponible en version preview dans la bêta d'Android Q. — P.BERRY/20 MINUTES

De notre correspondant en Californie,

Pour explorer une nouvelle ville, Google Maps facilite la vie. Mais à Tokyo, par exemple, il n’est pas toujours évident de s’y retrouver. A la sortie du métro, la géolocalisation connaît parfois des ratés et la boussole du téléphone est souvent perdue. Du coup, il est assez courant de marcher 20 ou 30 mètres avant de se rendre compte qu’on va dans la mauvaise direction.

Lors de la conférence Google I/O, mardi, l’entreprise californienne a dévoilé une nouveauté de Google Maps qui s’attaque à ce problème : une navigation pour les piétons en réalité augmentée. Pour le moment, c’est réservé aux smartphones Pixel (le 3a, dévoilé mardi, et aux plus anciens, en téléchargeant la bêta d’Android Q) mais les autres smartphones sous Android y auront droit plus tard, assure Google.

Uniquement pour les régions cartographiées par Street View

Le GPS AR (augmented reality en anglais) est intégré à la navigation piétonne de Google Maps. L’appli demande d’abord la permission d’accéder à la caméra, puis il faut pointer son téléphone vers les bâtiments d’en face pour que Maps identifie notre position. En plein milieu du Shoreline amphitheatre, où se déroule la conférence, l’expérience se solde par un échec. Le système ne fonctionne en effet que dans les endroits qui ont été cartographiés par Google Street View.

Dans les rues de Mountain View ou sur le campus de Google, en revanche, tout va bien. Superposées à la vidéo, des flèches bleues géantes indiquent de continuer à droite des escaliers, puis de passer à gauche du fameux T-Rex. De temps à autre, l’appli force l’utilisateur à remettre le téléphone à l’horizontale afin de regarder devant soi et d’éviter de se prendre un poteau. Si l’on bouge son smartphone et qu’on s’éloigne, une petite flèche « prochaine étape » sur le bord de l’écran nous ramène sur le bon chemin, et on arrive enfin au bâtiment 40 pour une interview. Ce premier contact est satisfaisant, même s’il reste à voir en conditions réelles l’impact sur la batterie.

Google double la mise sur la réalité augmentée

Google est-il en train d’abandonner la réalité virtuelle (le Pixel 3a n’est même pas compatible avec son casque Daydream) pour la réalité augmentée ? « C’est une tendance dans l’industrie. La réalité virtuelle a connu des avancées technologiques importantes, mais le marché n’est pas là où on l’attendait il y a deux ans. On continue d’investir sur les deux fronts avec la même équipe, même si on a davantage mis l’accent sur la réalité augmentée », répond Rick Osterloh, vice-président hardware et services de Google.

L’entreprise vient d’ailleurs d’intégrer une dose de réalité augmentée à son moteur de recherche avec des modèles en 3D qu’on peut admirer dans son salon ou à côté de sa garde-robe. Et, comme Apple sur iOS, Google fournit des outils AR aux développeurs sur Android. Pour le moment, cela se passe surtout sur smartphone, mais à terme, la technologie devrait migrer sur des lunettes. A quand un retour de Google Glass ?