Le patron d'Amazon Jeff Bezos accuse un tabloïd de chantage à la sexpic

MEDIAS Selon Bezos, le «National Enquirer» l'a menacé de publier des photos intimes s'il ne renonçait pas à enquêter sur les liens entre le tabloïd, Donald Trump et l'Arabie Saoudite...

20 Minutes avec AFP

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Le patron d'Amazon, Jeff Bezos, est l'homme le plus riche du monde.
Le patron d'Amazon, Jeff Bezos, est l'homme le plus riche du monde. — Cliff Owen/AP/SIPA

Chantage, extorsion et «dickpic». Le PDG et fondateur d'Amazon, Jeff Bezos, qui a toujours protégé sa vie privée, accuse l'hebdomadaire à scandale National Enquirer de l'avoir menacé de publier des photos intimes s'il ne renonçait pas à enquêter sur les liens avec l'Arabie saoudite du groupe proche de Donald Trump.

Tout a commencé avec la publication, fin janvier par le magazine, de textos passionnés échangés entre Jeff Bezos et une femme au printemps 2018, soit plus de six mois avant l'annonce de la séparation de l'homme le plus riche du monde avec son épouse, MacKenzie.

Contrarié, le créateur d'Amazon a alors engagé des détectives privés pour tenter de découvrir l'origine de la fuite et déterminer si les motivations d'American Media Inc (AMI), le propriétaire du National Enquirer, allaient au-delà du scoop. Dans la tribune qu'il a publiée jeudi sur le site Medium, Jeff Bezos laisse entendre que les enquêteurs se seraient notamment intéressés aux relations entre AMI, l'Arabie saoudite et Donald Trump.

Liens avec l'Arabie saoudite

Le patron d'AMI, David Pecker, est un ami de longue date du président américain et a reconnu avoir acquis les droits de témoignages compromettants pour Donald Trump avec le projet clair de ne jamais les publier, pour le protéger. Il a, depuis, accepté de collaborer avec la justice dans l'enquête du procureur special Robert Mueller, un revers pour Donald Trump.

AMI a publié, l'an dernier, un magazine entièrement dédié à l'Arabie saoudite et diffusé aux Etats-Unis avec, en Une, le prince Mohammed ben Salmane, et vantant les qualités du fils du roi et sa vision moderne pour le royaume. Selon Associated Press, AMI aurait transmis à l'ambassade saoudienne de Washington une copie numérique du magazine plusieurs semaines avant parution, ce qui pourrait indiquer l'existence d'une relation entre l'éditeur de presse et le royaume, ce que les deux intéressés ont toujours nié.

«Dickpic»

Inquiet de la publication d'informations issues de l'enquête menée par Jeff Bezos sur le sujet, AMI a contacté le PDG d'Amazon pour lui demander de n'en rien faire, selon la tribune publiée jeudi. En contrepartie, le groupe s'engageait à ne pas utiliser des photos intimes, et potentiellement compromettantes, échangées entre Jeff Bezos et sa fameuse amie.

Le milliardaire a refusé et publié jeudi le contenu de lettres échangées avec AMI, dans laquelle le groupe liste une douzaine de photos en sa possession, notamment «un selfie en-dessous de la ceinture, appelé de manière plus familière un ''dickpic'' (photo d'un pénis)».