Intelligence artificielle: Des chercheurs développent un outil capable de retranscrire nos pensées en paroles

DEEP LEARNING Les chercheurs tentent de reconstituer des sons en se basant sur les signaux électriques émis par le cerveau

20 Minutes avec agence

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Illustration d'activité neuronale dans le cerveau.
Illustration d'activité neuronale dans le cerveau. — DARPA

Une équipe de neuro-ingénieurs de l’Université de Columbia (États-Unis) a développé une intelligence artificielle capable de convertir les signaux électriques du cerveau humain en paroles intelligibles. Les résultats de ces travaux ont fait l’objet d’une publication ce mardi dans la rubrique scientifique de la revue Nature.

Une nouvelle prouesse du deep learning

Lorsqu’une personne souhaite s’exprimer, le cerveau produit des signaux électriques. Pour mettre au point cette IA d’un nouveau genre, les chercheurs se sont donc intéressés au cortex auditif, la partie du cerveau qui analyse les informations auditives. Ils ont ensuite fait appel aux technologies du deep learning pour analyser leurs enregistrements et entraîner l’intelligence artificielle à reconnaître les mots.

Concrètement, les chercheurs ont mesuré l’activité du cerveau à l’aide d’électrodes, implantées au cours de différentes interventions chirurgicales menées à crâne ouvert dans le cerveau de patients épileptiques. Ils ont ensuite procédé à des mesures d’électroencéphalographie intracrânienne.

Une expérience invasive, réalisée à crâne ouvert

Pendant 30 minutes, les chercheurs ont demandé aux patients d’écouter des histoires qui leur ont été lues par différents intervenants, hommes et femmes. Ce procédé devait permettre à l’intelligence artificielle d’apprendre à reconnaître les signaux émis par le cerveau au cours de la lecture. L’IA a ensuite comparé les signaux électriques enregistrés avec les textes lus.

Elle a aussi été confrontée aux chiffres de zéro à neuf et les a retranscrits devant 11 volontaires. Résultats : 75 % des chiffres ont été correctement traduits. L’IA a également été capable d’identifier le genre du locuteur avec un taux de réussite de 80 %.

Un procédé potentiellement révolutionnaire

Bien que prometteurs, ces résultats ne sont qu’un premier pas vers la difficile reconstitution de la parole humaine. La prochaine étape des recherches portera sur la reconstruction de mots et de phrases plus complexes.

Les scientifiques devront également travailler à une version moins invasive de ce système. S’ils parvenaient à leurs fins, cette future IA pourrait un jour servir à commander des appareils par la pensée, voire redonner la parole à ceux qui ont perdu cette capacité.