Lille: «Il ne faut pas avoir peur de l’intelligence artificielle»

TECHNOLOGIES Au Forum international de la cybersécurité (FIC), une entreprise Lilloise travaille sur des algorithmes d’intelligence artificielle aux fonctions très variées…

Mikael Libert

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L'intelligence artificielle est encore loin de pouvoir supplanter le cerveau humain (illustration).
L'intelligence artificielle est encore loin de pouvoir supplanter le cerveau humain (illustration). — M.Libert / 20 Minutes
  • Le Forum international de la cybersécurité (FIC) s’est ouvert à Lille.
  • C’est le rendez-vous des entreprises qui luttent contre la criminalité des réseaux.
  • Une entreprise Lilloise a fait de l’intelligence artificielle son cœur de métier.

Le rendez-vous des geeks de la sécurité informatique. Ce mardi, le Forum international de la cybersécurité (FIC) a ouvert ses portes à Lille grand palais. C’est l’endroit où il faut se montrer lorsque l’on est une entreprise qui propose des solutions pour lutter contre tout ce qui touche à la criminalité des réseaux de manière générale. Les gros stands sont trustés par les géants du secteur ou les institutions : Microsoft, Thales, IBM, MCaffee mais aussi le ministère de l’Intérieur, la CNIL… Et parmi eux, Skapanê, une « start-up » basée à Euratechnologies qui bosse sur l’Intelligence artificielle (IA).

Le fondateur de Skapanê, c’est José Corral, un ingénieur en électronique qui, après quelques péripéties dans le monde du travail a décidé de monter sa boîte, en 2015. « Aujourd’hui, j’ai 19 salariés et nous avons fait un chiffre d’affaires d’un million d’euros en 2018. Nous ne sommes pas encore rentables, mais c’est le but que nous souhaitons atteindre cette année », explique l’entrepreneur.

Un réseau de neurones artificiels calqué sur le modèle vivant

Son cœur de métier, c’est l’intelligence artificielle. Il développe des algorithmes qui tendent à reproduire certaines caractéristiques cognitives du cerveau humain, comme l’apprentissage. « Cela peut faire peur, mais on est encore très loin de machines qui pourraient supplanter l’homme. On ne saurait même par dire à quelle échéance ce serait possible, si tant est que ce soit possible », tempère José Corral. Le système fonctionne grâce à un réseau de neurones artificiels calqué sur le modèle vivant : « Cinq cents processeurs et quatre téraoctets de mémoire vive », détaille-t-il. Une puissance phénoménale de calcul.

Le champ d’application de la solution logicielle de Skapanê est multiple. Cela va de la médecine à la sécurité en passant par la défense. « Cela peut s’appliquer par exemple à la reconnaissance faciale. L’algorithme sera capable de reconnaître un même visage sur des photos prises avec des années d’écart en se basant sur des paramètres invariants, comme la forme du visage ou la distance entre les yeux », assure José Corral.

Pour un plan de circulation sans couac

Cela fonctionne aussi pour détecter les tumeurs du côlon par exemple, vérifier l’authenticité de documents officiels ou repérer des transactions financières frauduleuses. « Mais la base, ce sont les données, le '' big data'' », remarque l’ingénieur. Ainsi, les applications sont très diverses : « Pour le e-commerce, les organismes de crédit, les banques et même les bailleurs », poursuit-il.

Ça, c’est le présent. Pour l’avenir, Skapanê entend développer des algorithmes prédictifs. « C’est en ce sens que nous avons présenté un projet en rapport avec la résilience urbaine à la Métropole européenne de Lille », confie le dirigeant. Il s’agit là encore de compiler des données pour être en mesure de s’adapter face à un événement anormal ou imprévu. « Pour anticiper la congestion des axes urbains par exemple. C’est aussi le genre de technologie qui pourrait être utilisée pour établir un plan de circulation et ainsi éviter de devoir faire des modifications après coup », explique José Corral.