Cancer du col de l’utérus: Une intelligence artificielle plus efficace que les médecins pour le dépistage

ETUDE L’algorithme a détecté des cellules précancéreuses dans 91 % des cas contre 69 % pour un expert humain et 71 % pour des examens conventionnels…

20 Minutes avec agences

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Cancer illustration
Cancer illustration — DOMINIQUE FAGET / AFP

Les nouvelles technologies sont en passe de révolutionner le secteur de la santé. Selon une étude publiée ce jeudi dans la revue du National Cancer Institute, l’intelligence artificielle pourrait ainsi s’avérer bien plus précise que les humains et les examens traditionnels pour détecter les pré-cancers du col de l'utérus.

Le cancer du col de l’utérus est le quatrième cancer le plus fréquent dans le monde, avec 570.000 cas par an en 2018 selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Dans les pays riches, les progrès du dépistage et des campagnes de vaccination contre les papillomavirus (liés à ces cancers) ont réduit la mortalité. Mais ces avancées bénéficient moins aux pays pauvres, qui concentraient 90 % des décès en 2012, selon l’OMS.

« Des méthodes extrêmement abordables et faciles »

« Le cancer du col de l’utérus est désormais une maladie de la pauvreté, estime l’auteur principal de cette étude, Mark Schiffman, médecin qui travaille depuis 35 ans contre ce cancer près de Washington. Nous essayons de trouver des méthodes extrêmement abordables et faciles, mais très précises, afin d’attaquer le cancer par le vaccin ou par des techniques simples, par un smartphone par exemple ».

Le médecin fait partie d’une équipe qui a développé un algorithme à partir d’une archive de 60.000 images de cols de l’utérus prises au Costa Rica dans les années 1990. Au total, 9.400 femmes ont participé et ont été suivies pendant plusieurs années, ce qui a permis de relier chaque cancer apparu parmi elles à l’image du col avant l’apparition de la maladie.

91 % des cellules précancéreuses détectées

Une fois entraîné sur cette base d’images, l’algorithme a détecté visuellement des cellules précancéreuses dans 91 % des cas, rapporte l’étude. A comparer à un taux de 69 % pour un expert humain, et 71 % pour des examens conventionnels, comme le frottis cervical. « C’était bien plus précis que des humains examinant les mêmes images. Bien plus précis que moi-même, déclare Mark Schiffman, plein d’espoir. (…) Nous disposons désormais d’un outil potentiellement utilisable partout, et qui ne sacrifie pas la qualité scientifique ».

Le but est de développer la technologie dans les trois ou cinq prochaines années et de réaliser plus d’essais cliniques. A terme, des personnels soignants pourraient procéder à du dépistage sans formation, simplement en prenant une photo qui sera analysée par l’algorithme.