(Photo d'illustration) Les « gilets jaunes », ce mouvement social disparate, mais de plus en plus populaire.
(Photo d'illustration) Les « gilets jaunes », ce mouvement social disparate, mais de plus en plus populaire. — GEORGES GOBET / AFP

RESEAUX SOCIAUX

Gilets jaunes, verts, orange, rouges... Comment s'y retrouver face à la multiplication des mouvements?

Parallèlement à l’essor des « gilets jaunes », plusieurs mouvements « périphériques » ont vu le jour sur les réseaux sociaux ces derniers jours, chacun arborant sa propre couleur…

« La révolte des couleurs »… Parti d’une pétition en ligne puis d’une page Facebook appelant à un blocage national contre la hausse du carburant, le mouvement « des gilets jaunes » s’est aujourd’hui propagé à toute la France. L’emblème de leur protestation, le jaune fluo, s’affiche désormais aux quatre coins de la France. « Insignes, drapeaux et même vêtements, la couleur a toujours été un emblème qui dit à quel groupe on appartient et on s’en sert pour classer les gens et les idées », explique Michel Pastoureau, historien spécialiste des couleurs.

Parallèlement à l’essor des « gilets jaunes », plusieurs mouvements « périphériques » ont vu le jour sur les réseaux sociaux ces derniers jours, chacun arborant sa propre couleur. Gilets verts, orange, rouges, bleu marine ou foulards rouges…, 20 Minutes vous explique qui revendique quoi.

  • « Les foulards rouges »

Après les violents incidents qui ont émaillé les dernières manifestations des « gilets jaunes », des internautes du Vaucluse ont décidé de créer la semaine dernière sur Facebook le mouvement des « foulards rouges ». Ils sont aides-soignants, techniciens ou boulangers, et dénoncent les blocages et violences commises par les « gilets jaunes », et surtout l’inaction de l’Etat. « Le mouvement citoyen "foulards rouges" fera lui-même respecter l’Etat de droit, sans violence, mais avec détermination », déclare ainsi le collectif sur sa page Facebook.

« Ils mettent à mal l’économie française et les économies personnelles des Français », explique notamment Agnès, l’une des « foulards rouges ». « Arrêtez les blocages ! Arrêtez de mettre la France à feu et à sang, arrêtez de mettre à mal notre économie, on en a marre (…) Les commerçants, les artisans, les salariés, les ouvriers… Les gens n’arrivent plus à travailler correctement car ils sont bloqués. Ça commence à bien faire. Une majorité de Français en ont marre », ajoute cette aide-soignante, mère de quatre enfants. Près de 20.000 personnes se revendiquent « foulards rouges » sur Facebook, aucune manifestation n’est pour l’instant prévue.

Capture d'écran de la page Facebook des foulards rouges.
Capture d'écran de la page Facebook des foulards rouges. - Capture d'écran Facebook
  • « Les gilets verts »

Ce sont pour la plupart des militants écologistes ou des citoyens préoccupés par la protection de l’environnement qui ont pour devise « Le jaune c’est bien, le vert c’est plus rafraîchissant ». Ce groupe Facebook, qui compte aujourd’hui plus de 21.800 personnes, a été créé le 17 novembre dernier, juste après la première mobilisation des « gilets jaunes ».

Le mouvement liste sur Facebook plusieurs revendications : le développement des voies cyclables, le développement et la gratuité des transports en commun ou encore la réouverture des petites lignes SNCF. Ces « gilets verts » ont prévu de manifester le 8 décembre à Paris à l’occasion de la marche mondiale pour le climat.

Capture d'écran de la page Facebook des «gilets verts».
Capture d'écran de la page Facebook des «gilets verts». - Capture d'écran Facebook
  • « Les gilets orange »

Les « gilets orange », des indépendants du secteur des travaux publics, protestent eux contre la fin annoncée du gasoil non routier détaxé (GNR). Ils ont notamment bloqué le dépôt pétrolier de Lorient (Morbihan) et le dépôt du port de Brest à l’aide de tractopelles, camions et grues de chantier.

Après une semaine de blocage, ils ont décidé de stopper leur mouvement après l’annonce par le premier ministre de la suspension pendant six mois de la hausse de la fiscalité sur le gazole entrepreneur non routier (GNR). Ils ont toutefois déclaré qu’ils restaient vigilants et n’excluaient pas de nouveaux blocages en cas de volte-face.

  • « Les gilets rouges »

« Les gilets rouges » sont des militants et sympathisants de la CGT, qui a appelé à manifester le samedi 1er décembre pour réclamer un infléchissement de la politique du gouvernement et soutenir les chômeurs. Ils étaient près de 2.000 à défiler à Paris, selon la police. D’autres rassemblements de « gilets rouges » ont également eu lieu en région, à Rennes notamment.

Le secrétaire général du syndicat, Philippe Martinez, qui explique « partager » la « colère » des « gilets jaunes », appelle désormais à « une grande journée d’actions » le 14 décembre prochain pour défendre le pouvoir d’achat.

  • Et les « gilets bleu marine » ?

Le secrétaire général du syndicat de SGP police-FO, Yves Lefebvre, a poussé ce mercredi un coup de gueule sur BFMTV, faisant part du ras-le-bol des policiers face aux violences commises lors de manifestations. «  Les policiers en ont marre. Ce n’est pas la pseudo-prime annoncée par Macron qui va nous satisfaire. Il y a 25 millions d’heures supplémentaires à nous payer », a expliqué le syndicaliste.

« On va rétablir l’ordre public mais après ça, si on n’a pas de réponse haute et forte, et là je m’adresse à Emmanuel Macron, ce sera à notre tour de descendre dans la rue. Et après "les gilets jaunes", ce sera les "gilets bleu marine" de la Police nationale », a prévenu le secrétaire général du syndicat de SGP police-FO.