Les tweets de Trump contre Macron font réagir des deux côtés de l'Atlantique

TWEET-PLOMATIE Entre réaction discrète de l'Elysée, colère à gauche et leçons d'histoire au président américain, l'attaque Twitter de Donald Trump a été très commentée...

M.C.

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Donald Trump et Emmanuel Macron ont échangé samedi 10 novembre 2018 à l'Elysée, à l'occasion du centenaire de l'Armistice.
Donald Trump et Emmanuel Macron ont échangé samedi 10 novembre 2018 à l'Elysée, à l'occasion du centenaire de l'Armistice. — AFP

La violente attaque électronique n’a laissé personne indifférent. A peine rentré de Paris, Donald Trump s’est vivement attaqué mardi à la France et à Emmanuel Macron, raillant pêle-mêle la « très faible cote de popularité » du président, sa proposition d'une armée européenne et l’occupation de la France par l’Allemagne pendant la Seconde Guerre mondiale. Si l’Elysée s’est contenté d’une réaction très mesurée, les oiseaux bleus du président américain ont fait gazouiller sur les deux rives de l’Atlantique.

A commencer par une réaction pianissimo de l'entourage d'Emmanuel Macron. « Les tweets de Donald Trump sont faits pour les Américains, nous n’avons pas à commenter ces propos », a simplement répondu l’Elysée à BFMTV, soulignant que « ce qui nous importe, c’est qu’ils se parlent plusieurs fois par semaine des problèmes qui traversent le monde ». Le Palais conclut : « Nous retenons que Donald Trump est arrivé ce week-end parmi les premiers chefs d’État pour les commémorations de l’armistice. »

La droite moins tendre que la gauche

La réaction la plus virulente est venue de la gauche française, le Premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure affichant sa « solidarité » avec Emmanuel Macron et lâchant au sujet des tweets de Trump : « Je ne suis pas médecin, je ne peux pas juger de ce qui relève de toute évidence d’une pathologie ».

« La seule réponse aux tweets provocateurs et insultants de Donald Trump serait à minima la suspension de notre participation au commandement unifié de l’OTAN », a tweeté de son côté le député Insoumis Eric Coquerel.

A droite, plusieurs personnalités en ont profité pour critiquer la politique d’Emmanuel Macron au passage, le député LR Eric Ciotti, cité par le Huffington Post, estimant que le chef de l’Etat « récolte ce qu’il sème ». Quant au député RN Gilbert Collard, il a jugé les tweets sur Macron « très bons » :

 

Une leçon d’histoire au président

A l’étranger, l’ancien Premier ministre belge Guy Verhofstadt - qui vise une alliance avec LREM pour les européennes - a voulu donner une leçon d’histoire au président américain : « Trump ne semble pas se rendre compte que sans l’argent français, les Etats-Unis n’existeraient même pas, a-t-il tweeté, car c’est la France qui a financé la Révolution américaine. Ils vous ont même donné la statue de la Liberté pour célébrer ça ! »

Dans la même veine, l’ancien secrétaire d’Etat démocrate américain John Kerry a regretté que Donald Trump soit « "amoureux" de Kim Jong-un mais insulte notre plus ancien allié. Il ne faut pas s’attendre à ce qu’il connaisse Lafayette mais la Révolution n’est pas le seul moment où la France nous a soutenus : après le 11-Septembre, elle a sacrifié 88 valeureux soldats en Afghanistan. Arrêtez de tweeter ! L’Amérique a besoin d’amis. »

A la Maison Blanche, on a préféré balayer la polémique. C’est « beaucoup de bruit pour rien », a estimé la porte-parole de la diplomatie américaine Heather Nauert, réaffirmant la relation « étroite » avec la France, « un de nos plus anciens et importants alliés ».