Avec le nouveau réseau social Brizzly, vos posts vont directement… à la poubelle

DESINTOX Cette nouvelle interface se présente comme un outil pour les accros aux réseaux sociaux qui essayent de décrocher…

Hakima Bounemoura

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Le réseau social Brizzly.
Le réseau social Brizzly. — Capture d'écran Brizzly
  • Sur Brizzly, votre message, de quelque nature qu’il soit, ne sera jamais lu, liké, commenté ou partagé par personne.
  • Cette plateforme se présente comme un outil de désintoxication aux réseaux sociaux.
  • L’addiction aux réseaux sociaux est aujourd’hui considérée comme un véritable problème de santé publique.

En colère, frustré ou déçu ? Au lieu de le faire savoir au monde entier sur Twitter ou Facebook, une autre solution s’offre désormais à vous. Grâce à  Brizzly, nouveau réseau social lancé fin août par l’entrepreneur américain Jason Shellen, vous pourrez poster tout ce que vous voulez. Sauf que votre message, de quelque nature qu’il soit, ne sera jamais lu, liké, commenté ou partagé par personne…

« Tapez ce que vous voulez dire dans la boîte, et dès que vous appuyez sur “envoyer”, votre message disparaît instantanément. Il n’est ni enregistré ni publié nulle part. Essayez ! », expliquent les créateurs de cette nouvelle interface.

Un outil de « désintoxication »

Cette nouvelle plateforme, initialement créée en 2009, enterrée en 2012 puis remise au goût du jour sous une nouvelle forme fin août, se présente comme un outil de désintoxication aux réseaux sociaux. L’interface, dénuée de publicité, est quasiment la même que Twitter. Mais contrairement aux réseaux sociaux classiques, aucun risque de se faire troller puisque aucun de vos messages n’est publié. Certains pourront donc s’en servir de défouloir, sans pour autant s’exposer ou « polluer » l’environnement des autres.

« C’est un outil intéressant pour ceux qui souffrent de cyberaddiction. C’est comme une thérapie, une sorte de défouloir qui permettra probablement à certains internautes de prendre conscience de leur addiction à l’écran et à la sur-communication », explique Eric Letonturier, sociologue spécialisé dans la communication et les réseaux sociaux et maître de conférences à l’université Paris Descartes Sorbonne.

« On est allés trop loin dans l’hyper communication »

« Brizzly souligne en fait ce que sont vraiment les réseaux sociaux, une vitrine de soi, et cela montre aussi et surtout le caractère virtuel du lien social sur ces plateformes. Finalement, et de manière très paradoxale, c’est un outil qui permet de mieux prendre en compte l’autre », précise Eric Letonturier.

« La création d’un tel réseau social, c'est le signe qu’on est allés trop loin dans l’hyper communication. Ça montre qu’à notre époque, où la réactivité et l’immédiateté sont omniprésentes, on a besoin de réintroduire du temps dans la communication », ajoute le sociologue.

Brizzly pourrait connaître dans les prochains mois un réel engouement. L’addiction aux réseaux sociaux est aujourd’hui considérée comme un véritable problème de santé publique. Une étude du centre de recherches Pew publiée le 22 août dernier révèle qu’ aux Etats-Unis, 57 % des ados âgés de 13 à 17 ans ont déjà essayé de diminuer leur utilisation des réseaux sociaux.