Affaire Benalla: Détournement d'images et tweets ironiques ont envahi les réseaux sociaux

BENALLAGATE Le volume de tweets généré par l’affaire Benalla a déjà dépassé ceux du mouvement #MeToo ou #JeSuisCharlie…

20 Minutes avec AFP

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Alexandre Benalla, à gauche d'Emmanuel Macron sur la photo, le 1er mars 2018.
Alexandre Benalla, à gauche d'Emmanuel Macron sur la photo, le 1er mars 2018. — Christophe Ena/AP/SIPA

C’est l’affaire dont tout le monde en parle… Depuisles révélations du Monde mercredi, les réseaux sociaux se sont naturellement emparés de ce dossier qui secoue l’Elysée. Des internautes se sont ainsi lancés dans une véritable chasse aux photos pour retrouver l’ancien collaborateur d’Emmanuel Macron, Alexandre Benalla.

Selon le chercheur Nicolas Vanderbiest, le volume de tweets déployé autour du « Benallagate » est « tout simplement gigantesque » : 1,5 million de tweets a été échangé en moins d’une semaine. Sur la même durée, « à titre de comparaison, #MeeToo, #BalanceTonPorc et #JeSuisCharlie sont inférieurs », souligne-t-il sur son blog.

Rapidement, sont apparues des images d’Alexandre Benalla pendant la campagne présidentielle, caché derrière Emmanuel Macron pendant une séance de dédicaces, ou en vacances au ski ou à vélo auprès du président de la République et de son épouse…

Détournement d’images

Avec ces centaines d’images disponibles sur Internet, l’image d’Alexandre Benalla emprunte le même chemin que celle de Jawad Bendaoud. Des internautes ont ainsi suggéré son remplacement par le champion du monde de football Kylian Mbappé, plusieurs internautes ont aussi mis le garde du corps à l’affiche du film « Bodyguard ». Certains l’ont également imaginé à l’avant de la voiture de JF. Kennedy le jour de son assassinat, demandant au FBI la réouverture de l’enquête.

Le dessinateur Plantu a même exceptionnellement inséré sa photo dans son dessin lundi en une du Monde. Le « pot de départ » de la star du jour, un classique des réseaux sociaux, a également été organisé sur Facebook, suscitant l’intérêt de 7.000 personnes dès lundi après-midi.

« Orange macronique »

Sur Wikipédia, la page « Affaire Benalla », créée le vendredi 20 juillet, fait l’objet d’une intense activité, et était ce week-end la page la plus consultée de l’encyclopédie en français. Les correcteurs du Monde ont de leur côté proposé sur leur compte Twitter de « réviser » notre vocabulaire grâce à cette affaire. Dans l’hystérie ambiante, le député LR Eric Pauget a partagé un article qui assurait que Benalla avait les codes de l’arme nucléaire… mais qui était issu du site satirique Nordpresse.

Outre son omniprésence, c’est aussi la violence du garde du corps, visible sur plusieurs vidéos, qui retenait l’attention. Dans un dessin titré « Orange macronique », en référence au film « Orange mécanique », le dessinateur Effet Rache représente Emmanuel Macron, Gérard Collomb, Edouard Philippe et Alexandre Benalla comme les voyous ultra-violents du film.

Le silence d’Emmanuel Macron

« Emmanuel Macron, il lui a fallu 10 minutes pour tweeter sa vidéo face à un adolescent qui l’avait tutoyé, mais par contre depuis l’affaire Benalla on dirait qu’il a perdu le chargeur de son iPhone et le mot de passe de son compte », lançait Karim Boukercha dans un tweet partagé plus de 8.000 fois.

L’audition de Gérard Collomb ce lundi devant une commission de l’Assemblée nationale a déclenché une nouvelle vague de remarques grinçantes. Plusieurs commentateurs ont proposé le prix de l’humour politique au ministre de l’Intérieur quand il a admis avoir parlé de l’affaire ce week-end avec Emmanuel Macron, mais « le moins possible ».

« On pourrait en rire si ça ne prêtait pas à s’en désoler », a commenté l’ex-candidat PS à la présidentielle Benoît Hamon. « Nous savons désormais que le ministre de l’Intérieur n’a ni bouche, ni yeux, ni oreilles », à l’image du symbole asiatique des trois singes de la sagesse. « Si on gagne la Coupe du Monde mais qu’on perd la démocratie, ça s’annule ? », se demandait @supermagadrivin sur Twitter.

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