Affaire Benalla: Les avocats défendent une «initiative personnelle» de leur client pour «prêter main forte» aux policiers

JUSTICE Les avocats d’Alexandre Benalla, le conseiller d’Emmanuel Macron mis en examen notamment pour « violences en réunion », sortent de leur silence…

T.C.

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Alexandre Benalla avec Emmanuel Macron au défilé militaire du 14 juillet 2018.
Alexandre Benalla avec Emmanuel Macron au défilé militaire du 14 juillet 2018. — PHILIPPE WOJAZER / POOL / AFP
  • Un responsable de la sécurité d’Emmanuel Macron « en observation » auprès des forces de l’ordre a été filmé frappant un jeune homme au sol, lors du défilé parisien du 1er-Mai.
  • Selon ses avocats, Alexandre Benalla a simplement « a pris l’initiative de prêter main-forte » aux policiers en les aidant à maîtriser deux fauteurs de troubles.
  • Ce collaborateur d’Emmanuel Maccron est « abasourdi par l’utilisation médiatique et politique de son action ».

Alexandre Benalla n’a frappé personne lors de la manifestation parisienne du 1er mai dernier. Ce collaborateur d' Emmanuel Macron, qui accompagnait ce jour-là les CRS en tant qu'observateur, a simplement « pris l’initiative de prêter main-forte » aux policiers qui étaient dépassés par l’ampleur des évènements en « aidant à la maîtrise » de « deux individus particulièrement virulents ». « Cette action vigoureuse mais menée sans violence n’a causé aucune blessure », assurent ses avocats dans un communiqué, maîtres Laurent-Franck Lienard et Audrey Gadot.

Que faisait leur client place de la Contrescarpe (Ve arrondissement) au beau milieu des CRS ? Selon eux, l’adjoint au chef de cabinet du président de la République avait « été invité par la DOPC de la Préfecture de police de Paris, à observer les opérations de maintien de l’ordre à l’occasion des manifestations du 1er mai, annoncées pour être particulièrement violentes ». L’objectif était de « compléter ses connaissances du maintien de l’ordre ». Pourtant, le préfet de police a affirmé, lors de son audition devant les députés de la commission des Lois, que ni lui, ni le directeur de la DOPC, n’étaient au courant de son immersion au sein des CRS.

Une initiative personnelle

Alors qu’il n’avait « pas vocation à intervenir personnellement sur ces opérations », Alexandre Benalla a décidé d’aider les CRS en ciblant « deux fauteurs de trouble qui agressaient les policiers », écrivent ses avocats. « Les individus ont pu être interpellés, présentés à un officier de police judiciaire, et n’ont déposé plainte contre personne. » Une initiative personnelle « qui lui a été vivement reprochée » par son employeur, l’Elysée, à qui il en avait « immédiatement » fait part. Il avait été « mis à pied pendant 15 jours, avec suspension de salaire », avait indiqué jeudi le porte-parole de l’Elysée, Bruno Roger-Petit.

Pourtant, expliquent ses conseils, son action « s’inscrit dans le cadre des dispositions de l’article 73 du code de procédure pénale » qui indique que « toute personne a qualité pour en appréhender l’auteur » d’un « crime flagrant ou de délit flagrant » afin de « le conduire devant l’officier de police judiciaire le plus proche ». Ses agissements, osent-ils, servent « manifestement aujourd’hui à porter atteinte à la présidence de la République dans des conditions qui défient l’entendement ».

« Abasourdi par l’utilisation médiatique et politique de son action »

Alexandre Benalla, ainsi que l’employé de LREM Vincent Crase, filmé avec lui lors de la Fête du travail, ont été mis en examen notamment pour « violences en réunion ». Le conseiller d’Emmanuel Macron, qui « collabore pleinement avec l’institution judiciaire » est « abasourdi par l’utilisation médiatique et politique de son action ». D’autant, affirment ses avocats, que son action « n’a eu aucune conséquence pour les personnes interpellées ». Contactés par 20 Minutes, maîtres Lienard et Gadot n’ont pas donné suite.

De leur côté, les deux manifestants qui ont reçu des coups lors de la manifestation se sont constitués partie civile ce lundi, a appris 20 Minutes auprès de Sahand Saber, leur avocat. « Ce ne sont ni des Black Bloc ni des manifestants… », assure-t-il.

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