Géorgie: Une rave party improvisée devant le Parlement pour protester contre la répression dans les clubs de Tbilissi

REVOLUTION Après la fermeture en pleine nuit d’un grand club de la capitale géorgienne, les fêtards sont allés manifester devant le Parlement. La contestation s’est transformée en rave géante…

Marie De Fournas

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La jeunesse géorgienne manifeste devant le gouvernement pour protester contre la fermeture d'un club de la capitale.
La jeunesse géorgienne manifeste devant le gouvernement pour protester contre la fermeture d'un club de la capitale. — Mikheil Benidze @mbenidze

Touche pas à ma teuf. Dans la nuit du vendredi au samedi 12 mai, Tbilissi, la capitale de la Géorgie a été le théâtre d’une opération coup de poing orchestré par le gouvernement. Des policiers antiémeutes encagoulés et des unités paramilitaires spécialisés sont intervenus en nombre dans les deux plus grands clubs de la ville : le Café Gallery et le Bassiani. Le dernier a été fermé dans la foulée.

Officiellement, cette action visait à démanteler des trafics de drogues. Mais certains dénoncent des raids très violents et une action d’intimidation envers le monde de la nuit, sur lequel le gouvernement voudrait imposer son autorité.

Les clubbers se sont alors rassemblés devant les deux boîtes. Ils ont indiqué aux journalistes présents qu’ils avaient été victimes de « violence disproportionnée » et que des policiers auraient également introduit de la drogue dans les clubs pour justifier les perquisitions, rapporte le site civil.ge.

Les forces de l’ordre auraient alors poursuivi les arrestations dans la rue. Loin d’encourager les fêtards à rentrer chez eux se coucher, ces arrestations les ont poussées à aller manifester devant le Parlement géorgien. Celle-ci a duré toute la nuit puis le samedi matin, pour se transformer au fil de la journée en rave party géante, rassemblant des milliers de personnes.

Le message est clair : vous prenez le contrôle de nos clubs ? Nous prenons le contrôle de la ville. Cette révolution par la fête ne semble pas avoir de limites puisqu’elle se poursuivait encore samedi soir et ce dimanche.

Pour les clubs de la ville et les adeptes des boîtes de nuit, la politique antidrogue affichée par le gouvernement de droite géorgien serait en réalité un prétexte pour imposer un contrôle autoritaire sur les lieux de fête de la ville. Sur les réseaux sociaux, les jeunes tbilissiens ont appelé le gouvernement à leur laisser leur liberté. Leur slogan : « We dance together ; we fight together » (« Nous dansons ensemble ; Nous luttons ensemble »).