VIDEO. Télésiège «fou» en Géorgie: Pourquoi cela n'arrivera (sans doute) jamais en France

SPORTS D'HIVER Vendredi, un accident spectaculaire de télésiège a eu lieu en Géorgie, faisant plusieurs blessés. En France, un organisme public veille à la sécurité des remontées mécaniques…

Nicolas Stival

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Un télésiège de la station des Angles, dans les Pyrénées-Orientales
Un télésiège de la station des Angles, dans les Pyrénées-Orientales — Alexandre GELEBART/REA
  • Le STRMTG est en charge des 3.740 remontées mécaniques françaises, des téléskis aux téléphériques, en passant par les télésièges.
  • L’un de ses responsables évoque la sécurité très stricte imposée dans ce secteur par les normes européennes.

Les fondus de glisse font des cauchemars depuis vendredi et la diffusion d’images hallucinantes venues d’une station géorgienne : celles de skieurs et de snowboardeurs éjectés d’un télésiège hors de contrôle, dont les nacelles sont lancées à toute vitesse et en marche arrière… Dix personnes auraient été blessées lors de cet accident survenu à Goudaouri, dans le Caucase.

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Pour en savoir plus, 20 Minutes a contacté le STRMTG. Derrière ce sigle assez peu mémorisable se cache un organisme public, le Service technique des remontées mécaniques et des transports guidés. Parmi ses missions : la mise en service puis le contrôle de « toutes les installations à câbles qui transportent des personnes [téléphériques urbains, télécabines, téléskis, télésièges…] », détaille Christophe Sion. Le responsable de la division réseau de contrôle au STRMTG débroussaille cet épineux sujet.

  • Un accident encore mystérieux

Une enquête a été ouverte pour tenter d’expliquer l’événement rarissime survenu en Géorgie. « On ne comprend pas ce qui s’est passé, c’est quelque chose que l’on n’imagine même pas », avoue Christophe Sion. En principe, au moindre incident sur ce type de matériel, « l’automatisme déclenche un arrêt, ce qui coupe la traction et fait tomber les freins ». Le système est censé être vérifié tous les matins avant l’ouverture de la station par l’exploitant.

Selon le site suisse 20 Minutes (aucun lien avec votre 20 Minutes), le télésiège « fou » a été installé par l’entreprise austro-suisse Doppelmayr-Garaventa. Ce géant du secteur, concurrent du Français Poma, est également implanté dans notre pays. « On a contacté la société pour vérifier s’il s’agissait bien d’elle et si on pouvait retrouver ce type de matériel chez nous. On ne peut pas se permettre d’avoir un doute », indique le responsable du STRMTG.

  • Est-ce déjà arrivé en France ?

« La cause principale des accidents, ce sont les usagers en phase d’embarquement et de débarquement », assure Christophe Sion, qui ne trouve pas trace d’un cas similaire en France à celui de Goudaouri, il est vrai assez improbable. Toutefois, des drames peuvent se produire, avec des chutes de passagers souvent très jeunes. L’hiver 2012-2013 avait ainsi été marqué par deux accidents mortels de ce type (un à Gourette dans les Pyrénées-Atlantiques, un autre sur le versant italien du domaine de Montgenèvre, dans les Hautes-Alpes).

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Dans les deux cas, toute défaillance technique du télésiège avait été écartée. Il peut arriver en revanche que le système s’arrête et que les skieurs se retrouvent bloqués, façon Jean-Claude Dusse. « Dans ce cas-là, il y a une évacuation verticale, à la corde. Mais cela se produit très peu de fois, entre dix et quinze par an ». A titre de comparaison, lors de la saison 2016-2017, 51,1 millions de journées-skieurs avaient été vendues en France.

  • Comment tout est fait pour empêcher les accidents

Située hors de l’UE, la Géorgie a toutefois « la volonté d’appliquer les normes européennes depuis plusieurs années », assure Christophe Sion. Mais pas la stricte obligation de respecter lesdites normes, qui ont remplacé les réglementations nationales en 2004. « C’est très codifié », promet le responsable du STRMTG, en charge des 3.740 remontées mécaniques françaises (record du monde) dont 1.130 téléphériques et télécabines.

Trois types d’acteurs interviennent pour identifier d’éventuelles défaillances : l’exploitant à un rythme quotidien ; la STRMTG en propre, devant laquelle chaque appareil passe un « check-up » complet en moyenne tous les deux ans ; et des organismes agréés par la STRMTG, une fois par an.

« Ces sociétés vont faire des essais pour voir si les freins fonctionnent dans toutes les conditions de charges autorisées, avec des plots de béton, des bâches à eau. Elles vont vérifier que tous les dispositifs de sécurité fonctionnent, et notamment que l’engin ne parte pas en arrière ou qu’il se retrouve en "survitesse". » Pour ne pas que Goudaouri se retrouve un jour traduit en français.