En concurrençant LinkedIn, Facebook peut-il bouleverser la recherche d'emploi?

TRAVAIL Le réseau social poursuit sa stratégie de diversification en lançant un service de recherche d’emploi…

O. P.-V.

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Illustration facebook
Illustration facebook — FRANCK LODI/SIPA
  • Facebook lance un service de recherche d'emploi, qui veut rivaliser avec LinkedIn.
  • Le réseau social pourrait jouer sur le recrutement local.

Facebook veut concurrencer LinkedIn. Pour l’instant, aux Etats-Unis. Pas de date pour la France, mais cela devrait arriver «dans les semaines à venir», annonce la communication du réseau social. Quoi donc ? Le nouveau service de recherche d’emploi que propose le site de Mark Zuckerberg, qui vient rivaliser avec le géant du secteur, LinkedIn.

Lancé aux Etats-Unis en février, il va être étendu à quarante pays, dont la France donc, mais aussi le Royaume-Uni, l’Espagne, l’Italie, l’Allemagne et le Brésil. Le service est gratuit, l’employeur devant remplir une fiche type et pouvant éventuellement mettre en avant son annonce contre paiement. Pour le candidat, tout est gratuit.

La dimension locale comme atout

« Sur le papier, c’est pertinent, et c’est pour cela que c’était attendu depuis longtemps. On se demande même pourquoi ils ne l’ont pas fait avant », commente Gilles Payet, spécialiste du marché de l’emploi, contributeur de 20 Minutes et auteur du blog questionsdemploi.fr. Facebook compte en effet 70 millions d’entreprises actives sur le site, pour 2,1 milliards de comptes d’utilisateurs, une puissance virale autrement plus importante que LinkedIn, leader actuel des réseaux professionnels.

Le service que propose Facebook en est pour l’instant à ses balbutiements. Son vice-président en charge des activités locales, Alex Himel, n’a pas souhaité préciser le nombre d’annonces actuellement présentes sur le réseau social. Interrogé par l’AFP lors de la présentation à New-York, il a rappelé qu’une étude menée par le groupe avait montré qu’un utilisateur sur quatre avait eu recours à Facebook pour trouver du travail. Pour les Etats-Unis, où le service est pour l’instant testé, cela représente 40 millions de personnes sur les 150 millions d’utilisateurs de Facebook dans le pays.

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Qu’a-t-il à apporter de plus qu’un LinkedIn ou un Viadeo ? « Le maillage territorial », répond Gilles Payet. Facebook est un réseau social par essence, contrairement à LinkedIn, qui a évolué dans ce sens mais ne présente pas du tout le même niveau de fréquentation et de partages de contenus, y compris en proportion de ses utilisateurs.

« Toucher le marché de l’emploi à qualification moyenne ou faible »

« La viralité offerte par Facebook et le fait que l’on possède déjà un réseau existant d’amis, de connaissances, famillial, etc. permet de toucher des recruteurs locaux, bien plus que par d’autres réseaux sociaux », ajoute le coach emploi, qui voit dans ce service « Jobs » un potentiel « Bon Coin, le réseau en plus ». « Cela nous donne la possibilité de couvrir largement les postes disponibles dans votre région », a effectivement avancé Alex Himel, le VP de l’entreprise.

Bon, pour l’instant, il y a bien quelques annonces pour la France, une vingtaine, mais uniquement à Paris. Facebook espère toucher à terme « le marché des emplois à qualification moyenne ou faible, notamment dans la restauration ou le commerce de détail », rapporte l’AFP, contrairement à LinkedIn, qui s’adresse plus aux cadres, bien qu’il ne soit pas fait que pour eux. Mais pour Gilles Payet, c’est avant tout sur l’ancrage local que devra jouer le site de Mark Zuckerberg, le recrutement pouvant y être de fait plus facile en usant des fonctionnalités du site. D’ailleurs, dans son clip de présentation, c’est avec un emploi dans un marché local que le réseau fait sa démonstration. De là à imaginer que votre boulangère sera bientôt recrutée par Facebook, il y a un pas. Réponse « dans les semaines à venir », le site n’ayant pas encore annoncé de date de lancement officiel en France, malgré les premières petites annonces éparses.