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Un chercheur de Sophia-Antipolis crée des déambulateurs communicants

Côte d'Azur: Un chercheur de Sophia-Antipolis crée des déambulateurs communicants

NOUVELLES TECHNOLOGIESBourrés de capteurs, ils permettent de prévenir les chutes et d’analyser la marche des personnes fragiles, âgées ou handicapées…
Mathilde Frénois

Mathilde Frénois

L'essentiel

  • L’ensemble des capteurs n’excédera pas le prix de 50 euros.
  • Leur créateur Jean-Pierre Merlet planche aussi sur des cannes et des vêtements intelligents.

Il est l’accessoire sur lequel les personnes âgées s’appuient et reprennent confiance. Désormais, il est aussi l’objet qui leur sauvera (peut-être) la vie. A Sophia-Antipolis, Jean-Pierre Merlet a créé un « déambulateur communicant ». L’objet intelligent, développé au sein de l’Inria (l’Institut national de recherche dédié au numérique), est opérationnel et a déjà été testé auprès de personnes fragiles, âgées et handicapées.

« Le déambulateur, c’est typiquement le premier instrument utilisé quand on souffre d’une perte de mobilité », pointe Jean-Pierre Merlet. Et c’est aussi une source d’informations. Avec ses capteurs, il peut indiquer aux médecins le nombre de pas, la vitesse, les écarts de trajectoire pendant la marche… jusqu’à prévenir lorsque son propriétaire tombe.

Prévenir les chutes

« En France chaque année, 10.000 personnes meurent de la conséquence directe d’une chute, fait-il remarquer. C’est trois fois plus que les accidents de la route. » Partant de ce constat, le chercheur azuréen a donc aussi développé des capteurs qui analysent la vitesse et la position du déambulateur.

« S’il se passe un événement anormal, l’instrument est capable de dire qu’il y a peut-être eu une chute », détaille l’inventeur. Et même d’appeler les proches ou d’envoyer un autre robot qui aidera la personne à se mettre debout : « L’objectif n’est absolument pas de remplacer le personnel d’aide à la personne. Il est de le libérer de certaines tâches pour qu’il se focalise sur les relations sociales. »

« Le problème, c’est la commercialisation »

Jean-Pierre Merlet tient à ce que ces « solutions d’aide à l’autonomisation en utilisant la robotique » restent abordables. Les accessoires coûteront 50 euros, « pas plus », assure-t-il.

Et il « instrumente d’autres objets du quotidien ». Il travaille sur des capteurs intégrés à un vêtement qui repèrent si la personne est en position horizontale ou verticale. Il planche aussi sur une canne avec des leds à 30 euros. « Le problème, c’est la commercialisation. Car il y a un vide juridique sur la responsabilité et l’industrie reste prudente », explique-t-il. Il faudra donc patienter pour croiser des déambulateurs, des cannes et des vêtements « communicants ».