Nice: Des chercheuses utilisent des champignons pour accélérer la croissance des plantes

silence ça pousse Les endomycorhizes arbusculaires permettent aux racines des végétaux de pousser plus vite... 

Mathilde Frénois

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A Nice, des chercheuses utilisent les champignons pour faire pousser les plantes plus rapidement.

A Nice, des chercheuses utilisent les champignons pour faire pousser les plantes plus rapidement. — J. Lipuma

  • Ces champignons sont capables d’entrer dans les racines des plantes, d’accélérer leur développement et ainsi de réduire l’utilisation d’engrais et de pesticides.

Les plantes pousseront comme (et avec !) des champignons. A Sophia-Antipolis, deux Azuréennes se sont lancées dans le développement des endomycorhizes arbusculaires. Ces champignons sont capables d’entrer dans les racines des plantes, d’accélérer leur développement et ainsi de réduire l’utilisation d’engrais et de pesticides.

« Pour pousser, la plante a besoin d’azote, de phosphate et de potassium. Des éléments qu’elle va chercher loin, explique Justine Lipuma. En se développant dans la racine, le champignon multiplie par cent la surface d’échange entre la plante et le sol. » Avec ce procédé, les éléments sont enfin à la portée du végétal. Il grandit plus vite, avec un rendement 30 % supérieur, estiment les deux Azuréennes.

Du laboratoire à la start-up

« L’objectif, c’est la réduction de l’utilisation des engrais et des pesticides, pointe la chercheuse. Le champignon a un effet barrière aux pathogènes du sol car la place est déjà prise. »

Cette idée, qui a germé sous les microsopes de l’Inra et de l’université de Turin, vient de sortir des laboratoires. En octobre, la chercheuse Justine Lipuma et son associée Christine Poncet ont créé leur start-up Mycophyto, intégrant l’incubateur Paca Est de Sophia-Antipolis.

Changer d’échelle

« On ne veut travailler qu’avec des champignons indigènes, ceux qui sont déjà présents mais en trop faible quantité pour agir », insiste-t-elle. Les chercheuses planchent désormais pour prouver que le champignon améliore la qualité. Pour cela, elles collaborent avec un industriel de la filière des plantes à parfum et des aromatiques. Un premier client chez qui elles iront chercher les champignons, les feront multiplier dans leur laboratoire avant de les réimplanter en terre.

Après avoir reçu sept prix pour leur innovation, les chercheuses niçoises souhaitent grandir. « D’ici deux ans, nous voulons développer un site de production pour changer d’échelle », dit Justine Lipuma.