Nicolas Dupont-Aignan se met à son tour au Web participatif

POLITIQUE Le président de Debout La France veut imiter les réussites de campagne d’En Marche et de la France insoumise…

Olivier Philippe-Viela

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Nicolas Dupont-Aignan le 27 juin 2017 à l'Assemblée nationale, à Paris.
Nicolas Dupont-Aignan le 27 juin 2017 à l'Assemblée nationale, à Paris. — CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP

À chacun son site internet ouvert aux propositions. Nicolas Dupont-Aignan a annoncé ce dimanche lors de l’université de rentrée de Debout La France le lancement le 25 octobre prochain d’une « plateforme participative pour que chaque Française et chaque Français qui veut s’investir et contribuer au redressement national puisse le faire ».

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Ça s’appelle lesamoureuxdelafrance.fr, c’est déjà en ligne avec un décompte jusqu’à fin octobre, et ça rappelle, bien sûr, les initiatives d’Emmanuel Macron et de Jean-Luc Mélenchon au cours de la campagne présidentielle 2017.

Le président de Debout La France a expliqué que le site « aura pour but de réunir les analyses et proposer des solutions innovantes afin de nourrir le débat public ». De quoi rendre « la démocratie au peuple français », a-t-il tweeté.

Utiliser le Web pour favoriser l’horizontalité avait réussi à la France insoumise et En Marche durant la campagne, et a « clairement inspiré » l’initiative de Nicolas Dupont-Aignan, explique à 20 Minutes son porte-parole, Damien Lempereur : «  Ce qu’a fait Mélenchon, c’est exemplaire, il faut le reconnaître. Nous ne prétendons pas être révolutionnaires, nous avons également observé les stratégies de Trump et Obama, afin de pallier notre relative carence médiatique », justifie celui qui est aussi délégué national du parti.

« Malheureusement l’union ne viendra pas par le haut »

Concrètement, le site sera accessible à tous - nul besoin d’être adhérent Debout La France - et invitera les participants à voter des propositions classées par thématique. L’objectif in fine est de faire émerger un programme qui fédérerait toutes les composantes de la droite. « La plate-forme sera totalement ouverte pour rassembler les idées et voir quel est le dénominateur commun qui permettra de construire un projet ensemble », ajoute Damien Lempereur. Ensemble, dans la bouche du bras droit de Dupont-Aignan, cela signifie « le camp des patriotes », incluant Les Républicains et une partie du Front national, « car on ne peut pas continuer à être divisés ».

Depuis la défaite de Marine Le Pen, qu’il avait rallié temporairement, au second tour de l’élection présidentielle, Nicolas Dupont-Aignan rêve à haute voix d’une union des droites, comme Florian Philippot et Laurent Wauquiez. « Malheureusement l’union ne viendra pas par le haut, par les appareils politiques attachés à leur survie », a-t-il déclaré ce dimanche.

Les Patriotes de Florian Philippot ont leur propre forum

L’idée d’une plate-forme participative pour accélérer le rapprochement a émergé cet été, dans la continuité de la campagne, au moment où le vice-président du Front national lançait de son côté le mouvement des Patriotes, avec son propre forum pour brainstormer, sur invitation, entre conservateurs (l’Agora des patriotes, actuellement en maintenance).

Ça tombe bien, l’initiative de Nicolas Dupont-Aignan a reçu les félicitations de Maxime Thiébaut, cofondateur en juin avec Philippot du mouvement Les Patriotes.

« C’est une très bonne idée, déjà mise en place », précise Maxime Thiébaut, taquin, à 20 Minutes. Son forum des Patriotes est néanmoins fermé aux non-adhérents, afin d’offrir « une petite discrétion », contrairement à ce que prévoit Debout La France avec ses Amoureux de la France. Mais l’idée est la même, poursuit ce proche de Philippot : « Permettre une refondation du camp des patriotes, et c’est pourquoi nous accueillons favorablement toutes les initiatives, le but étant d’élargir et de moderniser notre patriotisme ».

La « modernisation » fait aussi partie des explications de Damien Lempereur, convaincu que la dimension participative et l’horizontalité du projet plairont aux électeurs conservateurs : « Le peuple de droite a pris des réflexes internet, très 2.0, car il se sent insuffisamment représenté dans les canaux médiatiques traditionnels. Ça peut vraiment accrocher, nous voulons d’ailleurs que la plate-forme nous échappe, qu’elle aille au-delà de Debout La France, pour remettre le patriotisme à la mode. »