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Ecrits honteux sur le Web: Vers un droit à l'innocence en Grande-Bretagne?

Ecrits fout-la-honte sur Internet: Bientôt un droit à l'innocence en Grande-Bretagne?

DROIT A L’INNOCENCELa Première ministre britannique veut permettre aux internautes de supprimer plus facilement les contenus publiés quand ils étaient mineurs, si son parti remporte les élections…
Thibaut Chevillard

T.C.

Permettre aux internautes de pouvoir effacer plus facilement les messages publiés avant leurs 18 ans. C’est ce qu’entend faire la Première ministre britannique, Theresa May, si le parti conservateur remporte les prochaines élections, organisées le 8 juin 2017. En effet, certaines photos ou commentaires publiés par les adolescents peuvent compromettre leurs chances lors d’un entretien d’embauche, note dans un article Chris Mason, journaliste à la BBC. Or, dit-il, ils « peuvent être très difficiles à éliminer, sans que l’utilisateur ne supprime l’intégralité de son profil ».

« Internet a apporté une multitude d’opportunités, mais aussi de nouveaux risques importants qui ont évolué plus rapidement que la réponse que la société leur a apportée, a expliqué la Première ministre, selon le site engadget. « Nous voulons que les entreprises de réseaux sociaux fassent plus pour aider à rétablir l’équilibre et qu’elles prennent des mesures pour assurer qu’elles le feront », a-t-elle ajouté.

Des discussions avec les géants du Net

La ministre de l’Intérieur, Amber Rudd, a expliqué à la BBC 5 que le parti commencé à discuter avec des grandes entreprises, comme Facebook ou Twitter. Elles ont, affirme-t-elle, indiqué qu’elles étaient disposées à travailler avec le gouvernement pour présenter des « nouvelles protections contre les méfaits d’Internet » si les conservateurs gagnaient les élections. La ministre a ajouté que de nouvelles garanties étaient nécessaires afin de s’assurer que les contenus « inappropriés » publiés dans le passé ne deviennent pas un obstacle pour les jeunes lorsqu’ils commencent à postuler pour des emplois.

Des posts qui remontent à la surface

Il est vrai que les adolescents sont particulièrement enclins à tweeter des choses qu’ils pourraient bien regretter quelques années plus tard. En France,Oulaya Amamra et Mehdi Meklat ont récemment été placés sous le feu des projecteurs. La première, qui a reçu le prix de meilleur espoir féminin, est la cible d’attaques pour des posts écrits en 2012, alors qu’elle n’avait que 14 ans. Le second, chroniqueur au Bondy blog, a été cloué au pilori pour avoir publié durant des années, de façon anonyme, des tweets racistes et antisémites.

Pour autant, Fabrice Epelboin, enseignant à Sciences Po et spécialiste des médias sociaux et du web, estime que la mesure proposée par Theresa May « n’a pas de sens ». « N’importe qui peut déjà effacer ce qu’il veut sur son compte », rappelle-t-il à 20 Minutes. « En quoi un nouveau droit va-t-il leur permettre de faire ce qu’ils peuvent déjà faire ? » Selon lui, « les rapports entre les politiques et les réseaux sociaux, particulièrement en Grande-Bretagne ou ils ont joué un rôle important dans le Brexit, sont très tendus ».

Créer le buzz auprès des jeunes

Fabrice Epelboin estime donc qu’il s’agit, pour Theresa May, d’une façon de créer le « buzz ». Ce que confirme en partie dans son article Chris Mason. Les Conservateurs, écrit le journaliste, « veulent être perçus par les jeunes comme vivant dans la réalité de l’ère numérique ».