Playbase, la base de son de Sonos qui se glisse sous le téléviseur, sera disponible début avril à 799 euros.
Playbase, la base de son de Sonos qui se glisse sous le téléviseur, sera disponible début avril à 799 euros. — SONOS

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Comment Sonos veut mettre ses enceintes au cœur de la maison connectée

En ouvrant sa plateforme et en intégrant l'assistant d'Amazon Alexa, l'entreprise rattrape le temps perdu...

Sonos s'est fait surprendre. Alors qu’il avait les yeux braqués sur la concurrence directe de Bose et le haut de gamme, le pionnier des enceintes wifi multiroom n’a pas vu venir les haut-parleurs intelligents bon marché, comme la borne Echo d’Amazon, déjà écoulée à cinq millions d'exemplaires aux Etats-Unis, selon les estimations de Statistica. Alors que son fondateur emblématique John MacFarlane a passé la main en janvier, citant des raisons personnelles, et après une vague de licenciements l’an dernier, l’entreprise californienne lance Playbase, une base de son qui se glisse sous le téléviseur. Surtout, son nouveau patron, Patrick Spence, mise gros sur un partenariat avec Amazon qui permettra, cette année, d’intégrer l’assistant Alexa sur toutes les enceintes Sonos, qui espère devenir « la plateforme sonore de la maison connectée ».

« Des partenaires pour une expérience universelle »

Pourquoi avoir fait le choix d’un partenariat avec un concurrent plutôt que de développer une solution maison ? « C’est la même stratégie que pour l’intégration des services musicaux à la plateforme Sonos : nous voulons travailler avec de nombreux partenaires pour proposer une expérience universelle », explique Antoine LeBlond, vice-président en charge du logiciel. Amazon est le premier mais d’autres, comme Google Home ou Siri, devraient logiquement suivre. Selon LeBlond, « il s’agit de se concentrer sur nos points forts, le son et la musique. Construire un assistant intelligent est un défi extrêmement complexe sur lequel certains travaillent depuis une dizaine d’années ».

Sur scène, Patrick Spence fait une démonstration. « Alexa, joue du David Bowie sur Sonos. » L’assistant s’exécute. « Mets en pause », « Quel est le titre qui passe à la radio ? ». Classiques, les commandes fonctionnent comme prévu. Avant le lancement, « courant 2017 », il reste encore un peu de boulot, notamment pour permettre de contrôler toutes les enceintes dans une configuration multiroom, du type « Joue ma playlist ''Sors du lit'' dans la salle de bain ».

La grosse limitation actuelle, c’est que les enceintes de Sonos, y compris la nouvelle Playbase, n’intègrent pas de microphones multidirectionnels. Du coup, il faut brancher au système le module Echo Dot d’Amazon à 50 dollars. Mais Patrick Spence a confirmé au magazine Variety qu’à terme, l’entreprise intégrera directement Alexa et le hardware nécessaire à ses produits, comme Lenovo et d’autres l’ont montré au CES de Las Vegas, en janvier dernier.

Une compétition féroce

Après avoir fait du surplace pendant des années, la maison connectée semble fin prête à exploser. La puissance des routeurs wifi permet enfin d’arroser tous les recoins, et les assistants d’Amazon, Apple et Google sont le cerveau qui manquait pour communiquer avec tous les gadgets.

Du coup, avec sa plateforme multiroom mâture et une clientèle fidèle – 30 % de son chiffre d’affaires provient de l’achat d’une enceinte supplémentaire – Sonos « est bien positionné pour mettre le cap sur le futur », estime l’analyste de Gartner Brian Blau. Mais selon lui, « la compétition est féroce », et l’entreprise « doit aller au-delà du simple contrôle musical et proposer des interfaces conversationnelles et des services vocaux interactifs ». Il ne faudrait pas rater le train deux fois.