Playbase, de Sonos: Une enceinte tout-en-un qui disparaît sous le téléviseur

AUDIO Le fabricant dégaine un socle connecté pour le home cinéma et la musique. Séduisant, malgré ses 799 euros...  

Philippe Berry, à Boston

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Playbase, la base de son de Sonos, sera proposée début avril à 799 euros (caisson de basses en option).
Playbase, la base de son de Sonos, sera proposée début avril à 799 euros (caisson de basses en option). — SONOS

Dans un monde idéal, votre téléviseur ultraplat est monté au mur comme un Van Gogh, avec une barre de son qui flotte dessous et des câbles invisibles. Mais parce que 70 % des foyers n’ont pas un salon sorti d’un catalogue Ikea et posent encore leur poste sur un meuble, Sonos tente un coup de poker avec Playbase, une base de son destinée à se glisser sous la télé. On pensait la catégorie des socles sonores mort-née en 2014. Mais les ingénieurs du constructeur californien, pionnier du son multiroom, ont clairement peaufiné la formule. Et s’il faudra patienter d’ici la fin du mois pour un véritable test et savoir si ce Playbase, lancé début avril, est vraiment à la hauteur de ses 799 euros, les premières impressions, dans les bureaux de l’entreprise, à Boston, sont largement positives.

Home cinéma et musique

Grand prêtre de l’acoustique chez Sonos, le producteur britannique Giles Martin, fils du légendaire producteur des Beatles George Martin, le jure, le sourire aux lèvres : « Avec Playbase, nous proposons une expérience sans concession, à la fois pour le home cinéma et la musique. » Les trompettes de Daddy’s Lessons, de Beyoncé arrivent, et la première qualité de cette large dalle (72x38 cm, quand même) saute aux oreilles : une excellente spatialisation, qui donne l’impression d’entendre chaque instrument individuellement. En fermant les yeux, on se croirait presque dans un club de jazz de la Nouvelle Orléans.

Voici tous les composants de l'enceinte Playbase de Sonos.
Voici tous les composants de l'enceinte Playbase de Sonos. - 20 MINUTES

Les basses du woofer horizontal, évacuées par un conduit en forme de S pour gagner de la place, sont un peu trop prononcées mais ne saturent pas sur Teardrop, de Massive Attack. Et sur le Lacrimosa de Preisner, la voix soprano stratosphérique qui sort par les 43.000 trous miniatures de l’enceinte reste cristalline, même à fond. Ce n’est pas aussi pur et puissant que ce que propose le français Devialet avec ses Phantom, selon des confrères, mais on n’est pas dans la même gamme de prix (2.000 euros contre 800 ici).

Sonos teste son enceinte Playbase dans une chambre anéchoïque.
Sonos teste son enceinte Playbase dans une chambre anéchoïque. - 20 MINUTES

Côté film, la horde du Livre de la Jungle déboule dans un chaos assourdissant et la musique de Spectre ne couvre pas les dialogues. Certes, il ne s’agit pas de surround 5.1, mais pour une unique source, on est clairement au-dessus d’une barre de son, surtout pour les basses, même sans ajouter le caisson disponible en option. A moins de six centimètres d’épaisseur et avec ses lignes épurées, en noir ou en blanc, « Playbase a été pensée pour s’effacer dans le salon et s’intégrer à n’importe quelle déco », assure Tad Toulis, designer en chef de Sonos

Multiroom et bientôt compatible avec l’assistant Alexa

Comme ses cousines Play (1/3/5) et Playbar, la Playbase est une enceinte wifi pensée pour le multiroom. Traduction : avec un baffle dans le salon et un autre à la salle de bains, on peut, via l’app Sonos de son smartphone, jouer la même musique – ou des titres différents – dans toute la maison. En revanche, avec un entêtement digne d’Apple, Sonos refuse toujours d’intégrer du Bluetooth en parallèle, contrairement à plusieurs de ses concurrents.

Du coup, le système ne permet pas d’envoyer n’importe quel son d’un smartphone ou d’un PC sur l’enceinte via une liaison directe (il n’y a même pas de prise jack) : seuls les services approuvés par l’entreprise et intégrés à sa plateforme sont compatibles. Spotify, Apple Music, Google Music, SoundCloud, Tidal, Deezer… Ils sont presque tous là. Sauf qu’il y a pour l’instant un grand absent : YouTube. On peut cependant contourner ce manque en passant par sa smart TV ou l’une de nombreuses autres solutions (Chromecast, PS4, Xbox etc.).

Bonus non négligeable, toutes les enceintes Sonos, y compris les plus anciennes, pourront bientôt bénéficier du contrôle vocal grâce à l’assistant d’Amazon, Alexa, courant 2017, en les reliant au module Echo Dot (50 dollars aux Etats-Unis). Sonos a raté le coche des haut-parleurs intelligents mais veut se rattraper avec des partenariats pour installer la musique au cœur de la maison connectée. Entre son excellent Play 5 et cette Playbase prometteuse, il pourrait bien y arriver.