Et si votre chat ou votre poupée votaient à la primaire écolo?

WEB C'est bizarre, certes, mais apparemment c'est possible...

A.B.

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Chat noir, illustration.
Chat noir, illustration. — Battersea Dogs & Cats H/REX/SIPA

C’est une petite expérience pour laquelle deux « accessoires » sont requis : un chat (ou bien une figurine sumotori) et une connexion internet. Non, on n’a pas fumé la moquette : Le Monde et Buzzfeed ont testé, et Médor et votre doudou peuvent eux aussi participer au scrutin qui désignera le candidat d’Europe Ecologie les Verts (EELV) à la présidentielle parmi les quatre prétendants au titre. L’objectif, plus sérieux, étant de démontrer que n’importe qui peut s’inscrire, mettant en doute les failles du scrutin, dont le premier tour livrera ses résultats ce mercredi.

Aucune preuve d’identité requise

C’est ainsi que les bien nommés Gaston Lecat et Bob Lesumo ont rejoint les rangs des 17.000 électeurs de la primaire EELV.

Il faut dire que la procédure n’est pas bien compliquée, puisqu’aucune preuve d’identité n’est requise. Pas besoin de fournir une photo ou la copie d’une pièce d’identité : pour s’inscrire et voter, il suffit d’avoir plus de 16 ans, de résider sur le territoire français et de signer une charte des valeurs de l’écologie lors de son inscription sur le site Primaire-ecologie.fr, où l’on renseigne des informations telles que son sexe, nom, prénom, date de naissance et adresse.

Rien de très contraignant pour Gaston et Bob, à qui l’on demande seulement de s’acquitter d’une contribution minimale de 5 euros par carte bancaire.

« Ça ne concerne que quelques personnes »

Interrogé par Buzzfeed, David Cormand, le secrétaire national du parti écolo, n’est pas particulièrement inquiet. « Nous avons fait deux trucs : limiter le nombre d’inscriptions à deux par carte bleue et quatre par adresse, a-t-il expliqué. On a regardé sur les fichiers, ça ne concerne que quelques personnes ». Le responsable politique a toutefois admis qu’il était impossible d’empêcher à 100 % des tentatives de fraudes, « à moins de se fonder sur les listes électorales », ce que le parti n’a pas les moyens techniques et financiers de faire.

La nouvelle a toutefois surpris plusieurs candidats à la primaire EELV, qui redoutent des irrégularités dans le scrutin. Contacté par L’Express, le candidat Yannick Jadot s’est dit « un peu surpris », faisant part d’un « questionnement légitime ». Karima Delli, également candidate, a pour sa part jugé « consternant » que des cas de fraude puissent si facilement devenir réalité, se déclarant prête à « contester les résultats » en cas de doute sur la fiabilité du scrutin.