Attentats à Paris: L'outil «Je suis en sécurité» de Facebook servira plus souvent

INTERNET Accusé de traitement inégal, le réseau social a annoncé qu’il appliquerait désormais son bouton d’absence de danger aux «désastres humains»…

Claire Planchard

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Le système Safety Check lancé ce soir à Paris par Facebook.
Le système Safety Check lancé ce soir à Paris par Facebook. — Facebook

Les vies des Parisiens valent-elles plus que celles des Libanais ? Passée l’émotion et la stupeur suscitées par les attentats de Paris, de nombreux Libanais se posaient la question samedi sur les réseaux sociaux. Frappée la veille par la même terreur sanglante de Daesh, la capitale libanaise n’avait pas en effet suscité les mêmes manifestations de solidarité mondiale.

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Deux poids, deux mesures

Un autre symbole les a aussi indignés : pourquoi Facebook a-t-il exceptionnellement décidé vendredi d’activer sa fonction « safety check » (contrôle d'absence de danger, en français) sur les comptes des internautes franciliens alors que ce bouton d’absence de danger était jusqu’alors strictement réservé aux catastrophes naturelles ? Et pourquoi ne l’avait-il pas activé après l’attentat commis à Bourj El-Barajneh, dans la banlieue sud de Beyrouth, qui a fait 43 morts le jeudi précédent ?

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« Pour nous, on ne crée pas de bouton d’absence de danger sur Facebook », s’indignait le blogueur libanais Joey Ayoub « Mon corps n’intéresse pas le monde. La plupart d’entre nous continue à être exclus des préoccupations dominantes du “monde”. »

Cette fonction « pourrait être très utile pour Beyrouth et le monde arabe aussi. Au Liban, nous avons eu plus de 20 explosions et attaques depuis 2014 et au moins dix d’entre elles visaient des civils », s’indignait aussi le bloggeur Blogbaladi.

Facebook Safety Check is probably the quickest and most efficient way to report that you are safe following an attack….

Posté par BlogBaladi sur vendredi 13 novembre 2015

 

« Nous nous soucions de toute personne également »

Une indignation qui a rapidement fait réagir Facebook. Dès samedi, le fondateur et PDG Mark Zuckerberg a annoncé sur son compte personnel avoir compris et entendu les critiques. « Beaucoup de gens ont à juste titre demandé pourquoi nous avions activé le Safety Check pour Paris mais pas pour d’autres attentats à Beyrouth et ailleurs. Jusqu’à hier, notre politique était de n’activer le Safety check que pour des catastrophes naturelles. Nous venons de changer cela et nous prévoyons maintenant d’activer le Safety check pour tous les désastres humains qui peuvent se produire aussi. (…) Merci à tous ceux qui ont fait part de leurs questions et préoccupations à ce sujet. Vous avez raison et il y a beaucoup d’autres conflits importants dans le monde. Nous nous soucions de toute personne également, et nous travaillerons dur pour aider les personnes souffrant dans autant de situations que nous pourrons. »

Au même moment, Alex Schultz, le vice-président à la croissance de Facebook tentait aussi de justifier cette inégalité de traitement dans un post publié sur le réseau social : « Il doit y avoir une première fois à toute innovation, même dans des temps complexes et sensibles, et pour nous c’était Paris. Cette activation va changer notre politique autour de Safety Check et sur les moments où nous l’activerons pour d’autres incidents sérieux et tragiques à l’avenir. Et nous voulons que cet outil soit disponible partout et à chaque moment où il peut aider. »