Microsoft: Satya Nadella, le nouveau patron, doit redonner la foi

avec AFP

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Le nouveau directeur général de Microsoft, Satya Nadella.
Le nouveau directeur général de Microsoft, Satya Nadella. — MICROSOFT

Comment redonner foi en Microsoft? C'est la tâche du nouveau patron Satya Nadella s'il veut relancer le géant informatique américain. Les analystes estiment qu'il en a les moyens.

«Il doit réparer l'image de Microsoft», indique à l'AFP Rob Enderle, un analyste de la Silicon Valley. «Les gens doivent voir le groupe comme une nouvelle étoile montante et non comme une entreprise ancienne, qui est dépassée». «Il y a une perception qu'ils ont pris du retard», relève aussi Merv Adrian, du cabinet de recherche Gartner. «Le défi pour Satya est d'inverser cela, dans les impressions et dans les actions».

Retards sur le mobile

Microsoft a bâti son empire sur des logiciels comme le système d'exploitation Windows ou la suite de bureautique Office (Word, Powerpoint, Excel), commercialisés sous forme de licences aux fabricants d'ordinateurs ou sur des disquettes puis des CD permettant leur installation sur un PC à la maison ou au bureau.

Le PC aujourd'hui subit les coups de boutoir des smartphones et des tablettes dont les stars sont Apple et Android, le logiciel de Google utilisé par divers fabricants, dont Samsung. Une nouvelle vague s'annonce déjà, celle de l'électronique en «prêt-à-porter» avec les lunettes interactives de Google ou la montre que, selon la rumeur, Apple mettrait au point. Apple et Android ont pris de l'avance sur le marché mobile en créant d'importants «écosystèmes» de services et de contenus numériques adaptés à leurs appareils.

Le cloud, l’avenir du groupe?

Les efforts de Microsoft dans les smartphones et les tablettes n'ont pour leur part pas été couronnés de succès jusqu'ici, malgré des appareils jugés convaincants par les analystes et des logiciels sophistiqués. Windows en particulier a été réinventé pour l'adapter aux écrans tactiles, mais les ventes de cette nouvelle version ne décollent pas, pas plus que celles de la tablette Surface. Les espoirs du groupe reposent désormais sur un autre leader déchu, le finlandais Nokia, dont le groupe américain s'apprête à racheter les smartphones (notamment la gamme Lumia qui utilise déjà Windows).

Satya Nadella a dit vouloir innover dans les domaines où Microsoft a des forces uniques, ne pouvant être reproduites par ses rivaux. En le choisissant comme nouveau patron, le conseil d'administration semble montrer qu'il voit l'avenir du groupe dans le «cloud», les services dématérialisés en ligne, ainsi que dans les offres pour les entreprises, deux domaines où Nadella a beaucoup d'expérience. Outre la location de ses populaires logiciels de bureautique dans le «cloud», qu'il a commencé à mettre en oeuvre, Microsoft pourrait proposer d'autres services, dans la sécurité par exemple.

Scinder le groupe?

Tim Bajarin, un analyste de Creative Strategies, avance pour sa part dans un blog l'idée de scinder le groupe en trois morceaux: l'un consacré aux offres pour les entreprises et dans le cloud, le deuxième au mobile, et le troisième au divertissement et aux jeux vidéos autour de la console Xbox, qui représente le seul vrai succès de Microsoft en termes d'appareils.

«Chacun aurait des objectifs, des chartes et des rôles clairs, avec une orientation plus précise, leur donnant plus de chances de rivaliser avec Apple, Google et Samsung», écrit Tim Bajarin. «S'ils ne prennent pas de mesure drastique dans ce sens, l'activité globale de Microsoft va continuer de décliner et leur pertinence à l'avenir sera sérieusement mise en doute», affirme-t-il.

Empêcher les revenus de reculer

L'un des défis pour Nadella sera d'empêcher les revenus de reculer durant la nécessaire transition entre les ventes de logiciels sous forme de CD et la généralisation des abonnements dans le cloud, qui promettent des recettes plus régulières. Pour l'instant, le chiffre d'affaires du groupe a encore progressé de 5% à 77,8 milliards de dollars sur l'exercice clos fin juin, et même de 14% sur le dernier trimestre publié (octobre-décembre).

Certains analystes suggèrent aussi de libérer Office de Windows, en sortant des versions compatibles avec les produits Android ou Apple.