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Les jeux vidéo, c’est un truc de gauche

Le jeu vidéo est-il politique ? Spoiler : oui, et il est de gauche

gamers de tous les pays, unissez-vous !•A l’occasion de la Paris Games Week, et des polémiques autour du personnage féminin de GTA 6, 20 Minutes s’est posé la question : le jeu vidéo est-il politique. Et oui, et il est d’ailleurs de gauche.
Maelys Courpotin

Maelys Courpotin

L'essentiel

  • Les jeux vidéo sont éminemment politiques, comme toute œuvre d’art. Et depuis un certain temps ils tendent de plus en plus à porter des valeurs progressistes.
  • On trouve dans les jeux de plus en plus de personnages issus de minorités. Pour exemple le nombre de personnages féminin a augmenté de près de 4 % entre 2024 et 2026 selon l’association Women In Games.
  • On voit aussi un nouvel engouement pour les petits jeux développés par les studios indépendants, et une lassitude des gamers pour les grands studios. Ils tentent de lutter contre la maltraitance des développeurs et la mauvaise qualité des œuvres malgré des prix exorbitants.

Tout art est politique. Et oui, même le jeu vidéo. Et de plus en plus, le jeu vidéo tend à promouvoir des valeurs de progressistes, de gauche. Ainsi des grands jeux comme GTA ou Assassin’s Creed intègrent plus de personnages issus de la diversité, que ce soit des femmes ou des personnages racisés.

La communauté des joueurs se mobilise aussi pour de nombreuses causes. Alors qu’ils ont souvent été considérés comme des fainéants, les gamers sont aujourd’hui capables de lever près de 32 millions d’euros avec le ZEvent pour des associations caritatives. Alors oui, le jeu vidéo, c’est de gauche.

Une meilleure représentation dans les jeux

Depuis plusieurs années, on voit de plus en plus de personnages issus de minorités être intégrés aux jeux vidéo. Que ce soit des œuvres développés par des petits studios ou par des plus gros d’ailleurs. Selon les rapports de l’association Women in Games, en 2024 on comptait 27 % de personnages féminins dans les jeux vidéo. Aujourd’hui, en 2026, on en compte 31,6 %. Une augmentation qui se voit même dans les jeux vidéo destinés au grand public. On peut prendre comme exemple le prochain God War, God of War Laufey, où l’on incarne la femme de Kratos. L’exemple d’Assassin’s Creed Valhalla, développé par Ubisoft est aussi intéressant. On peut y incarner Eivor, sous forme masculine ou féminine et l’histoire est exatement la même, avec la possibilité d’avoir des relations homosexuelles également. Et enfin, en dernier exemple, on peut prendre GTA VI. Son nouveau personnage, Lucia Caminos, qui a tant fait polémique, est le premier personnage principal féminin de la saga.

Des thématiques de gauche ou des critiques de notre société

D’ailleurs la saga GTA est une aussi satire de la société américaine. C’est ce que rappelle Marc A. Ouellette, professeur à Old Dominion en Viriginie, dans un article de nos confrères du Monde. Selon lui, le studio Rockstar Games a « particulièrement vu juste concernant la montée de la xénophobie, de l’extrême droite ou de la soif d’argent. Même le mouvement “woke” était déjà anticipé et satirisé dans “GTA : San Andreas”. »

Si certains jeux sont des satires, d’autres abordent des thématiques souvent évoquées par la gauche. En 2025, le jeu Wednesdays s’est par exemple démarqué aux Pégases, pour son traitement du sujet de l’inceste et des violences sexistes et sexuelles faites aux enfants. Développé par Arte, le jeu raconte l’histoire d’un jeune adulte qui, en rejouant à un jeu de son enfance, voit les souvenirs de son agression par un proche remonter à la surface. On trouve également de nombreux jeux destinés à aider les personnes neuroatypiques ou en situation de handicap. Ainsi, le jeu Poppins Clinical, développé par Poppins, sert de thérapie aux enfants dyslexiques.

Des joueurs aux valeurs de gauche

Si au départ la communauté du jeu vidéo se voulait apolitique, très vite cela a changé. Et l’on voit de plus en plus de joueurs avec des valeurs de gauche se réunir en communauté. Ainsi des associations comme Women In Games ou encore Afrogameuses se créent. Le but : promouvoir et développer la diversité dans le monde du jeu vidéo, que ce soit dans les studios, dans les jeux ou chez les joueurs eux-mêmes.

Les joueurs sont aussi de plus en plus nombreux à s’investir pour plusieurs causes. D’abord pour le respect de ceux qui créent leurs œuvres préférées. Ainsi, la chercheuse lituanienne Marijam Did a dit ceci au micro de France Inter :

« Ça les touche que ceux qui développent leurs jeux aient de bonnes conditions de travail. Les relations entre les joueurs et les créateurs de jeux peuvent être toxiques, mais sur cette question des conditions de travail, elles sont souvent fructueuses et intéressantes. Donc j’encourage toujours les joueurs à être curieux de la manière dont sont faits les jeux qu’ils aiment, et à soutenir les créateurs. »

Ensuite, beaucoup ont aussi décidé de jouer pour la bonne cause. Plusieurs initiatives de collectes de dons ont été créées. On compte parmi elles le ZEvent, qui a récolté en 2026 plus de 32 millions d’euros au profit de dix associations caritatives. Il existe aussi le Téléthon Gaming, qui aide l’initiative du Téléthon. Certains se battent également pour la cause animale, avec le projet Gamers4Pets. Sabine Fghoul, présidente de la Confédération de la Défense de l’Animal l’affirme : pour les jeunes « jouer c’est bien, mais le faire pour une bonne cause c’est mieux.

Un business centré sur la création et l’art plutôt que le profit

Si le jeu vidéo est devenu une des plus grosses industries culturelles à travers le monde, avec des énormes studios comme Xbox, Ubisoft, ou Electronic Arts, certains petits indépendants résistent encore et toujours à l’envahisseur. On voit donc depuis quelques années un nouvel engouement pour les productions de studios indépendants. Et quel meilleur exemple que le jeu Hollow Knight, créé par seulement le studio Team Cherry, composé de seulement deux membres ? Financé par un Kickstarter, il est devenu l’un des jeux les plus célèbres de ces dernières années, avec plus de 2,8 millions d’exemplaires vendus. Ce qui est intéressant, c’est que Team Cherry n’a pas ensuite décidé de devenir une énorme machine avec énormément d’employés. Non, ses deux fondateurs, d’origine australienne sont restés discrets, à développer, avec une nouvelle collaboratrice, leur deuxième opus, Hollow Knight : Silk Song.

On voit aussi parmi les gameuses celles qui cherchent à se détacher complètement de l’industrie, en créant leurs propres ordinateurs à partir d’éléments recyclés. On appelle ces appareils des cyberdecks. Plus écologiques, loin de l’IA, ils peuvent permettre de jouer à des jeux rétros ou même des plus récents. Et il semble que cette volonté de rompre avec l’industrie des jeux triple A n’est pas près de s’arrêter.