On peut subir une dépression après avoir terminé son jeu préféré, selon cette étude
BOSS DE FIN•Des chercheurs polonais ont révélé que cette « dépression post-fin » était liée à un fort attachement émotionnelRémi Capdevielle pour 20 Minutes
L'essentiel
- Une étude menée par des chercheurs de l’université SWPS de Varsovie et de l’Académie des sciences appliquées Stefan Batory a montré que la fin d’un jeu marquant pouvait provoquer une forme de « dépression post-fin », liée à un fort attachement émotionnel à l’univers et aux personnages d’un « jeu vidéo à impact ».
- Basée sur 373 joueurs, l’étude révèle que plus l’implication est intense, plus le sentiment de vide et les effets comme la baisse de motivation ou la tristesse peuvent être importants.
- Ce phénomène, renforcé par l’immersivité du jeu vidéo, peut aller jusqu’à une anhédonie temporaire, mais reste généralement passager et considéré comme une réaction émotionnelle normale.
On l’a tous ressenti au moins une fois dans notre vie de gamer. Terminer son jeu préféré laisse souvent un sentiment de vide. Selon une étude récente menée par des chercheurs de l’université SWPS de Varsovie et de l’Académie des sciences appliquées Stefan Batory, ce moment peut provoquer un véritable coup de blues chez certains joueurs. Les scientifiques parlent de « dépression post-fin », un phénomène directement lié à l’investissement émotionnel dans l’univers, les personnages et le récit d’un jeu vidéo.
L’étude s’appuie sur deux enquêtes menées auprès de 373 joueurs. 28,1% des participants ont déclaré jouer tous les jours, 41,4% « presque tous les jours ». Les modes de jeu les plus populaires étaient le jeu en solo (30,6% du temps) ou en équipe contre d’autres joueurs (19%). Les chercheurs ont analysé leur état émotionnel après avoir terminé un jeu marquant, ainsi que leur niveau d’attachement à celui-ci. Verdict : plus cet attachement est fort, plus la sensation de vide peut être intense. Certains participants ont même évoqué des symptômes proches d’un mal-être réel, comme une baisse de motivation ou une forme de tristesse persistante.
Quand la fin du jeu devient une vraie rupture
Ce ressenti ne concerne pas seulement quelques cas isolés. Les joueurs les plus investis, ceux qui passent de longues heures dans des univers immersifs, seraient particulièrement concernés. À force de s’impliquer émotionnellement, la fin d’un « jeu à impact » agit comme une rupture nette, parfois difficile à encaisser. Dans la plupart des cas, ce sentiment disparaît avec le temps, à mesure que le joueur retrouve d’autres centres d’intérêt ou se lance dans une nouvelle aventure.
Le jeu vidéo accentue le phénomène par rapport à d’autres médias. Contrairement à une série ou à un film, le joueur ne se contente pas d’observer. Il agit, il fait des choix et il s’identifie à son avatar. Et lorsque le générique de fin apparaît, ce n’est pas seulement un récit qui se termine, mais une authentique expérience, vécue (ou mal vécue) comme dans la vraie vie. L’étude met d’ailleurs en avant un modèle de réactions fréquentes chez la plupart des joueurs. Il peut s’agir de simple nostalgie, d’une difficulté à accepter que l’aventure soit terminée, jusqu’à l’incapacité à retrouver du plaisir dans une nouvelle expérience.
Une forme d’anhédonie temporaire
Cette étude, publiée en mars dans la revue Current Psychology, évoque notamment une forme « d’anhédonie temporaire ». En clair : une perte d’intérêt pour des activités habituellement appréciées par le sujet. Un signe qui illustre à quel point certains jeux peuvent marquer durablement les esprits. Malgré son nom inquiétant, cette « dépression post-fin » reste généralement passagère.
Tous nos articles Jeux vidéoLes chercheurs insistent sur le fait qu’il s’agit d’une « réaction émotionnelle normale après une expérience particulièrement immersive ». Pas de panique, donc, si vous mettez du temps à vous remettre de chefs-d’œuvre comme GTA, Zelda ou Clair Obscur : Expédition 33.



















