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On a joué à Toy Battle, le meilleur jeu de société de l’année 2026
no play, no game•Chaque année, le Festival International du jeu de Cannes, récompense un nouveau jeu de société. Ce 26 février 2026, c’est Toy Battle qui a remporté l’As d’or, la récompense suprêmeVictoria Berne
L'essentiel
- Toy Battle, créé par Paolo Mori et Alessandro Zucchini, a remporté l’As d’or au Festival international des jeux de Cannes le 26 février 2026 parmi plus de 650 nouveautés testées.
- Ce jeu de duel pour deux joueurs propose deux façons de gagner : tracer une ligne pour prendre la base de son adversaire ou poser des troupes, entourer un territoire et prendre une médaille jusqu’à en obtenir sept.
- Toy Battle est un jeu accessible dès huit ans avec des parties rapides de 10 à 15 minutes, offrant des règles simples mais une profondeur stratégique qui justifie son prix, avec huit plateaux différents pour favoriser la rejouabilité.
La bataille s’annonce féroce. Le 26 février 2026, lors du Festival international des jeux de Cannes, le jury a décerné l’As d’or (l’équivalent de la Palme d’or dans le monde du jeu) à Toy Battle, après avoir testé plus de 650 nouveautés parues sur le marché français au cours des quinze derniers mois.
Toy Battle a été créé par Paolo Mori et Alessandro Zucchini, et illustré par Paul Mafayon. Il est édité par le studio Repos Production et distribué par le français Asmodee.
Nous avons donc voulu nous assurer que le jeu méritait son prix. Pour nous expliquer les règles et jouer contre nous, Hélène Delforge, responsable du studio chez Repos Production, l’éditeur du jeu, résume le principe avec malice : « Le but ? Gagner ! »
Des jouets qui se livrent une bataille sans pitié
Pour entrer dans cet univers, Hélène Delforge propose une image simple : « Tu as trouvé des jouets dans le coffre à jouets de ta famille et tu te dis : c’est l’armée. Elle va essayer de battre l’armée de jouets de ton adversaire. Nous avons tous les mêmes ». Chaque joueur dispose donc de la même armée composée de tuiles représentant différentes troupes, dotées d’une puissance et d’un effet. Sully, le squelette, a une force de 1, mais vous pouvez piocher deux nouvelles troupes lorsque vous le posez sur le plateau. Le robot Xb-42 a une force de 5 et permet de tuer une troupe au hasard de votre adversaire.
À chaque tour, les joueurs ont deux choix volontairement restreints : « Soit tu poses une tuile, soit tu en prends deux que tu poses sur ton petit chevalet ». Ce dernier représente le camp du joueur et sa réserve stratégique. « C’est le camp avec tes troupes qui vont envahir les autres », précise-t-elle.
Dans ce jeu, il y a deux manières différentes de gagner : « Le but est de tracer une ligne pour prendre la base de son adversaire », en avançant donc sur le plateau. Chaque troupe doit donc être reliée à son propre QG par une chaîne continue. Si vous atteignez le QG ennemi, vous gagnez la partie. Mais Toy Battle ne se résume pas à une course frontale. « Deuxième manière de gagner : tu poses des troupes, tu entoures un territoire et tu peux prendre une médaille. Quand vous avez sept médailles, vous gagnez. »
Le contrôle de zone devient alors une alternative stratégique. Faut-il foncer tête baissée vers le QG adverse ou verrouiller des régions pour accumuler des médailles ? « Il faut jouer sur les deux tableaux », résume Hélène Delforge. C’est cette double possibilité de victoire qui donne toute la profondeur au jeu. On peut mener une attaque spectaculaire, mais perdre à la fin parce que l’adversaire a mieux géré le territoire.
Un jeu accessible mais avec de la stratégie
En seulement deux parties, la prise en main a été étonnamment rapide. Les règles s’expliquent en quelques minutes et, après un tour d’échauffement, tout devient fluide. Le système d’empilement (seule la tuile visible sur le dessus contrôle la base) crée des renversements permanents. Le hasard du tirage, en début de partie comme tout au long, apporte du suspense, mais c’est le timing et l’anticipation qui font la différence.
Les parties s’enchaînent presque malgré soi. On perd, on relance. On tente une stratégie plus défensive. Après une première défaite, les médailles sont surveillées avec davantage d’attention. Toy Battle s’inscrit dans une tendance forte du marché : le duel. Exclusivement conçu pour deux joueurs, il correspond à des habitudes de jeu bien réelles. Parties rapides, règles limpides, forte rejouabilité grâce aux huit plateaux différents. Le matériel, soigné, participe également à l’expérience : tuiles épaisses, chevalets en bois, illustrations colorées et univers nostalgique de coffre à jouets. Un mélange parfait entre Clash Royale et Toy Story. Ce jeu est accessible dès l’âge de huit ans.
Notre verdict sur le jeu
Derrière une apparence légère, Toy Battle propose un véritable jeu de contrôle et de territoire. À la fin de la deuxième partie, Hélène a même eu une petite frayeur à cause d’une de nos actions. Les parties, qui durent entre 10 et 15 minutes, donnent envie d’y revenir.
Accessible sans être creux, rapide sans être expéditif, stratégique sans être intimidant, Toy Battle justifie pleinement son sacre à Cannes. Un duel miniature pour un vrai affrontement.



















