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EVTesla et Elon Musk lancent le Cybertruck au prix fort

Tesla et Elon Musk lancent le Cybertruck au prix fort

EVLe pick-up futuriste de Tesla démarre pour l'instant à 79.990 dollars aux Etats-Unis, avant un modèle à 60.990 dollars qui ne sera disponible qu'en 2025
Tesla et Elon Musk lancent le Cybertruck au prix fort
20 Minutes avec AFP

20 Minutes avec AFP

Mieux vaut tard que jamais. Elon Musk a présenté jeudi, en grande pompe, le nouveau pick-up électrique de Tesla, « l’objet le plus exceptionnel sur la route », selon l’entrepreneur, qui doit positionner le constructeur sur un marché déjà investi par son rival Ford. Musk a déjà perdu la bataille du prix : le modèle de base du Cybertruck, qui ne sera disponible qu’en 2025, coûtera 60.990 dollars, contre 50.000 dollars pour le F-150 Lightning. En attendant, les Américains peuvent s’offrir deux autres déclinaisons, l’une à 79.990 dollars, et l’autre 99.990 dollars. Si les premiers acheteurs sont repartis au volant, les livraisons de masse ne commenceront qu’en 2024, tout comme la disponibilité en Europe. Jeudi soir, Tesla n’avait pas encore communiqué les prix en euros.

Musique forte, foule en délire, le milliardaire est arrivé en rock star, blouson de cuir sur les épaules, au volant de son Cybertruck, pour cet événement organisé au siège de Tesla, à Austin (Texas). « Je pense que c’est notre meilleur produit », a lancé Elon Musk, « l’objet le plus exceptionnel sur la route. Le futur va enfin ressembler au futur. »

Entre « Blade Runner » et « James Bond »

Cette automobile tout en angles se veut un croisement entre un modèle du film Blade Runner » (1982) et la « Wet Nellie », véhicule amphibie inspiré de la Lotus Esprit, vue dans « L’espion qui m’aimait » (1977), selon Elon Musk. « C’est mieux qu’un pick-up et mieux qu’une voiture de sport, réunis en un », a décrit le patron du constructeur, qui n’a pas lésiné pour vanter les performances du véhicule.

Tirs à la mitraillette sur les portes sans occasionner de trou, traction d’un engin de chantier ou d’un réacteur de fusée, course avec une Porsche 911 (gagnée), Elon Musk a donné dans le grand spectacle pour la promotion de sa nouvelle créature.

Souvent considéré comme pionnier, le constructeur arrive sur un marché des pick-up électriques déjà occupé, notamment par son rival Rivian, mais aussi General Motors ou Ford. Ce dernier a ainsi lancé, il y a plus de 18 mois, le F-150 Lightning, version électrique de son modèle le plus vendu aux Etats-Unis. Très prisé de la clientèle américaine, les pick-up sont des voitures sur lesquelles les constructeurs réalisent les marges parmi les plus importantes. A près de 100.000 dollars, le modèle « Cyberbeast » proposent des caractéristiques vertigineuses : 0-100 km/h en 2.7 secondes, vitesse maximale de 210 km/h, autonomie de 515 km et capacité de traction de 5 tonnes.

« Jour historique »

Lors de la présentation, jeudi, des clients, présents sur place, ont pris livraison de leur Cybertruck sous l’ovation du public présent. Pour Garrett Nelson de CFRA, ce lancement présente « un risque bien plus élevé » que pour les autres voitures du constructeur texan, même s’il reconnaît qu’Elon Musk « a réussi à calmer les attentes » après avoir annoncé son nouveau-né en fanfare.

L’entrepreneur a notamment estimé que les ventes du Cybertruck pourraient être sensiblement plus faibles que celles des autres modèles de la gamme, du fait de son allure atypique, même si le carnet de commandes a déjà dépassé le million.

Elon Musk prévoit d’atteindre une production de 250.000 exemplaires en 2025. « Nous avons creusé notre tombe avec le Cybertruck », a plaisanté le milliardaire, le mois dernier. « Le Cybertruck est un produit spécial, de ceux qu’on ne voit que rarement et qui sont très difficiles à lancer sur le marché, à vendre en quantité, à faire prospérer », a décrit le quinquagénaire.

La carrosserie du véhicule est composée de plaques d’acier inoxydable, utilisé pour assurer sa solidité. « Cela a l’air cool, mais c’est extrêmement difficile à construire », selon Art Wheaton, expert dans l’industrie des transports à l’université Cornell.

L’universitaire doute que ce Cybertruck génère jamais des ventes considérables, à cause de son design « clivant ». Mais il y voit la promesse d’un produit de niche, suffisamment différencié pour valoriser l’image de la marque Tesla, citant, en exemple, la Corvette de Chevrolet. « C’est un moyen d’attirer l’attention. » Pour le meilleur ou pour le pire, chacun jugera.

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