Neuralink : Singes mutilés et euthanasiés… Faut-il s’inquiéter des implants d’Elon Musk ?
EXPERIENCE INQUIETANTE•Une nouvelle enquête de « Wired » décrit des souffrances atroces subies par les singes cobayes de Neuralink et comment la start-up et l’université de Californie Davis ont dissimulé les imagesL.Be.
L'essentiel
- Deux enquêtes de Wired révèlent les mutilations et les souffrances subies par les primates utilisés dans les essais des implants Neuralink. Une douzaine ont été euthanasiés.
- Selon Elon Musk, les singes en question étaient mourants lorsque les essais ont été réalisés.
- Un comité d’éthique a exhorté, le 20 septembre dernier, les hauts responsables de la Securities and Exchange Commission (SEC) américaine (équivalent de notre Autorité des marchés financiers) à enquêter sur les dessous des recherches de Neuralink qui s’apprête à commencer ses essais sur les humains.
Faut-il s’inquiéter de voir Neuralink passer à des cobayes humains ? Lors de son séjour à Paris en juin dernier, Elon Musk a annoncé vouloir doter « cette année » un premier être humain d’implants neuronaux. La start-up du serial entrepreneur multimilliardaire travaille sur cette technologie depuis 2016 dont le but à moyen terme est d’aider des personnes paralysées, atteintes de lésions de la moelle épinière ou souffrant de maladies neurologiques comme la maladie de Parkinson. A long terme, l’idée d’Elon Musk serait de créer une relation symbiotique entre l’homme et l’intelligence artificielle, ce qui pourrait brouiller les frontières entre la pensée humaine et l’informatique.
Une nouvelle enquête de Wired publiée ce mercredi fait un nouvel exposé des mutilations subies par les singes cobayes de Neuralink. Selon l’article, l’Université publique de Californie à Davis, (communément nommée UC Davis), et la start-up d’Elon Musk ont caché des images qui montrent ces primates en mauvais état après avoir été implantés des puces cérébrales. Vomissements, pupilles de moins en moins réactives, tremblements… Ces descriptions viennent compléter le tableau déjà inquiétant dépeint par une première enquête du magazine américain fin septembre qui décrivait des singes à l’agonie, le cerveau détruit.
Des souffrances atroces subies
Selon ce premier article, un comité d’éthique a exhorté, le 20 septembre dernier, dans un courrier les hauts responsables de la Securities and Exchange Commission (SEC) américaine (équivalent de notre Autorité des marchés financiers) à enquêter sur les dessous des recherches de Neuralink. Sur la base des dossiers vétérinaires, ils affirment que des complications liées aux procédures d’implantation ont conduit à la mort des singes.
De son côté, Elon Musk a reconnu le 10 septembre la mort des macaques, affirmant que les chercheurs avaient sélectionné des sujets déjà proches de la mort. « Aucun singe n’est mort à cause d’un implant Neuraling, a-t-il assuré sur X [anciennement connu sous le nom de Twitter]. Pour nos premiers implants, nous avons choisi des singes proches de la mort pour réduire les risques pour les singes en bonne santé. »
Un ancien salarié de Neuralink et un actuel chercheur du centre des primates de UC Davis, interrogés par Wired, décrivent une autre réalité. Des documents qui incluent des dossiers vétérinaires décrivent des souffrances atroces subies par une douzaine de singes de Neuralink. Tous ont dû être euthanasiés.
Des essais sur les humains en préparation
Dès février 2022, le Comité des médecins pour une médecine responsable a déposé une plainte auprès du département de l’Agriculture des États-Unis contre l’université pour violations de la loi fédérale sur la protection des animaux liée à des expériences cérébrales invasives et mortelles menées sur 23 singes.
Le partenariat de Neuralink et UC Davis a pris fin en septembre 2020, mais le Comité de médecins affirme que l’entreprise continue d’employer le même neurochirurgien et de nombreux membres du personnel responsables des expériences qui ont conduit à l’empoisonnement, la mutilation et la mort des 12 singes macaques.
Le mois dernier, Neuralink a annoncé se préparer à commencer les essais sur des humains après avoir eu le feu vert de l’administration américaine des denrées alimentaires et des médicaments (Food and Drug administration Administration dite FDA). Selon Wired, depuis l’arrêt de son partenariat avec UC Davis, Neuralink réalise ses essais en interne, dans le secret.



















