Véhicules électriques : La méthode écologique de chercheurs pour mieux recycler les batteries

INNOVATION La biolixiviation à base de micro-organismes permettrait d'éviter d'extraire les métaux des batteries dans des usines coûteuses et polluantes

20 Minutes avec agence

— 

Une borne électrique à recharge rapide pour les propriétaires d une voiture électrique à Bordeaux.
Une borne électrique à recharge rapide pour les propriétaires d une voiture électrique à Bordeaux. — SERGE POUZET/SIPA

Des chercheurs britanniques ont développé une méthode respectueuse de l’environnement pour recycler les batteries des véhicules électriques. La technique appelée biolixiviation ou biominage fait appel à des microbes pour récupérer les métaux entrant dans la composition des accumulateurs, explique le site Electric Cars Report. L’extraction de ces matériaux est habituellement effectuée dans des usines.

Ces centrales sont « chères à construire et à faire fonctionner et elles nécessitent des équipements sophistiqués pour traiter les émissions nocives résultant de la fusion » des métaux, a expliqué Sebastien Farnaud, enseignant à l’Université de Coventry (Royaume-Uni). Il a déploré que malgré son coût financier et écologique, le dispositif ne permette que rarement d’extraire tous les métaux des batteries usagées.

Une méthode déjà employée

En Europe, seuls 5 % des accumulateurs Lithium-ion sont recyclés, a précisé le spécialiste, co-créateur de cette innovation. La récupération et la réutilisation des métaux biolixiviation réduiraient notamment les dommages que l’extraction minière provoque sur l’écosystème et les habitants du désert d’Atacama, en Amérique du Sud, d’où provient la majorité du lithium mondial. Le biominage utilise des bactéries sélectionnées pour leurs propriétés.

Elles sont en effet capables d’oxyder des métaux précis en intégrant leur métabolisme. La méthode était déjà employée dans certaines mines pour séparer les matières premières du minerai ou pour extraire des métaux de circuits imprimés, de panneaux solaires, d’eau contaminée et même de déchets radioactifs. C’est cependant sa première utilisation dans ce secteur.

Un des micro-organismes choisis pour la biolixiviation des batteries de voitures électriques est l’Acidithiobacillus ferrooxidans. Il est accompagné d’autres bactéries non-toxiques.