Salon de l'auto 2018: Quel avenir pour le diesel ?

Mondial de l'auto Ancien leader incontesté du marché, le diesel n’en finit plus de voir ses ventes s’étioler. Les facteurs sont nombreux : « Dieselgate », prix à la pompe désormais comparable à celui d’un véhicule à essence, menaces d’interdiction de circulation… Alors, faut-il encore acheter un véhicule diesel ?

20 Minutes avec agences
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Toyota ne propose plus de moteur diesel sur ses nouveaux modèles, préférant désormais se concentrer sur l’hybride
Toyota ne propose plus de moteur diesel sur ses nouveaux modèles, préférant désormais se concentrer sur l’hybride — Toyota

Depuis le début de l’année, les ventes de véhicules neufs diesel n’ont guère dépassé les 40% de parts de marché en France. Une proportion particulièrement faible qui n’avait plus été atteinte depuis le début du siècle, et qui pourrait encore se réduire à l’avenir. En effet, depuis la révélation au grand jour de l’affaire des émissions truquées, le diesel est taxé de bien des maux, et pointé du doigt comme source principale de pollution.

Un carburant désormais « propre »

Oui, le diesel pollue, c’est certain. Sa combustion provoque des rejets de CO2, de monoxyde de carbone, de particules fines et d’oxydes d’azote, les fameux NOx. Mais c’est le cas de n’importe quel moteur utilisant une énergie fossile pour fonctionner. Le problème ne vient en fait pas tant du diesel lui-même que des vieux moteurs diesel dépourvus de systèmes de dépollution. Or, les nouvelles motorisations embarquent (pour la plupart) un catalyseur sélectif fonctionnant à l’aide d’un additif appelé AdBlue et d’un filtre à particules. Conformes à la norme européenne la plus avancée en la matière ( EURO 6d-temp), les nouveaux moteurs diesels se montrent dès lors aussi « propres » que leurs homologues à essence, et même plus propres en termes de rejets de… particules fines. D’ailleurs, les nouveaux moteurs à essence s’équipent à leur tour d’un filtre à particules, pour réduire leurs émissions en la matière. Jeter l’opprobre sur le diesel serait également oublier qu’il rejette nettement moins de gaz à effet de serre (CO2) que l’essence. Le retournement du marché en faveur de l’essence s’est d’ailleurs soldé par une augmentation (de 1g CO2/km) de la moyenne des véhicules immatriculés en 2017. Une première depuis 23 ans ! Et puisqu’un moteur au gasoil consomme toujours un peu moins que son homologue essence, rouler au diesel restera intéressant un bon moment encore pour les gros rouleurs, ceux qui parcourent plus de 25.000 km par an.

Incertitudes

Mais si les véhicules diesel n’ont plus la cote aujourd’hui, c’est également à cause de l’incertitude qui règne quant à leur avenir. Et en la matière, c’est une cacophonie généralisée de projets d’interdiction (ou de restrictions) de circulation à tout va, par le biais de vignettes, de péages urbains ou encore de zones à faibles émissions dans certaines villes françaises et européennes. Le client craint donc de ne plus pouvoir circuler avec son véhicule à l’avenir, le rendant également impossible à revendre. Ces incertitudes poussent également les constructeurs à opérer certains choix. Si certaines marques comme Mercedes continuent, par la voix de son directeur général Dieter Zetsche, à assurer son soutien aux moteurs diesel, d’autres constructeurs ont préféré réduire leurs investissements dans le domaine. Porsche et Toyota ont déjà mis fin à tout programme diesel, Peugeot vient de geler ses développements en la matière, tout en continuant la commercialisation pour l’instant, et Volvo ne proposera sa nouvelle berline S60 qu’en essence et en… hybride. Car c’est bien là que se situe l’avenir de l’automobile selon tous ces constructeurs.

Retrouvez notre dossier spécial sur le Mondial de l'automobile à Paris.