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Comment les oiseaux migrateurs savent-ils qu’il est temps de partir ?

Comment les oiseaux migrateurs savent-ils qu’il est temps de partir ?

animaux•Chaque année, des milliards d’oiseaux prennent la route au bon moment. Mais qu’est-ce qui leur donne le signal du départ ?
Le Monde des animaux

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Une horloge interne remise à l’heure par la lumière

À la fin de l’été, rien ne semble encore presser certains oiseaux migrateurs. La nourriture est disponible et le froid n’est pas installé. Pourtant, leur organisme se prépare déjà au voyage. En effet, ils n’attendent pas l’arrivée de l’hiver pour décider de partir : chez de nombreuses espèces, la migration est programmée en partie par une horloge biologique annuelle.

Des oiseaux maintenus en captivité dans des conditions constantes présentent ainsi, à la saison où ils migreraient dans la nature, une agitation caractéristique appelée Zugunruhe. Ils deviennent notamment plus actifs la nuit, au moment où ils devraient prendre leur envol. La durée du jour permet de synchroniser ce calendrier interne avec le déroulement réel des saisons et accompagne les transformations nécessaires au voyage, notamment l’accumulation de graisse.

Une part de ce calendrier est même héréditaire. Une expérience menée sur des fauvettes à tête noire issues de populations aux comportements migratoires différents l’a montré : élevées dans les mêmes conditions, elles conservaient une période et une durée d’agitation migratoire proches de celles de leur population d’origine. Les oiseaux issus de croisements entre ces populations présentaient, eux, un comportement intermédiaire. Autrement dit, le moment et l’intensité de la migration ne dépendent pas seulement de ce que l’oiseau observe autour de lui : ils possèdent aussi une composante génétique.

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Être prêt ne signifie pas partir ce soir

L’horloge biologique prépare l’oiseau à migrer, mais elle ne détermine pas le jour exact de son départ. Encore faut-il qu’il dispose de réserves suffisantes pour parcourir l’étape suivante. Avant et pendant leur migration, de nombreux oiseaux accumulent donc de la graisse, qui constitue leur principale réserve d’énergie pour soutenir un vol de plusieurs heures. Lors d’une halte, ils doivent en quelque sorte arbitrer : reprendre rapidement leur route ou rester plus longtemps pour se nourrir et reconstituer leurs réserves.

Une expérience publiée en 2015 l’a montré chez des passereaux en migration printanière. Les chercheurs ont capturé des oiseaux faisant étape sur une île au large du Maine, aux États-Unis, puis évalué leurs réserves énergétiques avant de les relâcher après le coucher du soleil. Les individus disposant des réserves les plus importantes étaient davantage susceptibles de repartir en migration le soir même. Le calendrier biologique ne suffit donc pas : l’état énergétique de l’oiseau intervient aussi dans la décision de poursuivre le voyage.

Le dernier feu vert vient du ciel

À quelques heures du départ, la météo peut encore faire patienter un migrateur prêt à partir. Un vent arrière réduit le coût du trajet ; pluie et vent contraire peuvent retarder l’envol. Des suivis radar au-dessus de la mer du Nord ont ainsi montré qu’en automne les nuits de migration intense correspondaient à une meilleure assistance du vent.

Le départ est donc le résultat d’un véritable ajustement : l’horloge biologique prépare la migration, les réserves énergétiques rendent le voyage possible et la météo peut donner le feu vert. C’est cette combinaison qui permet aux oiseaux de partir au moment le plus favorable, plutôt qu’à une date fixe dictée par l’arrivée de l’automne.

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