Fiona Bonassin
L'essentiel
- Adopter un animal de compagnie peut provoquer un épuisement similaire au burn-out, avec des symptômes de fatigue et de tristesse, particulièrement chez les 18-34 ans dont 37 % estiment que la responsabilité de s’occuper d’un animal les épuise mentalement et physiquement.
- Les contraintes liées à la possession d’un animal peuvent changer d’un propriétaire à un autre. Mais pour Inès, « ce qui est fatigant c’est de devoir jongler entre les plannings pour ne pas laisser mon chien trop tout seul. Sans compter le stress pour qu’il ne s’embête pas et économiser assez pour le mettre à la garderie pendant les vacances c’est aussi quelque chose… »
- Selon la docteur vétérinaire Laëtitia Barlerin, le phénomène le plus observé est le « puppy blues » qui touche les nouveaux propriétaires.
Imaginez, vous venez d’adopter un chien ou un chat mais les semaines passent et vous vous sentez épuisé, triste et sortir du lit est compliqué. Des symptômes qui peuvent ressembler à un burn-out.
Selon une étude menée par Hill’s Pet Nutrition en collaboration avec Toluna-Harris Interactive*, si seulement un propriétaire d’animaux sur cinq indique avoir déjà ressenti ce type d’épuisement, il reste néanmoins plus présent chez les 18-34 ans et ceux qui considèrent leur animal comme leur propre enfant.
Du temps, des activités… Et de l’argent
« Quand j’ai adopté mon chien, j’ai dû me couper du monde pour l’éduquer les premières semaines. Je ne voyais plus personne car c’était mon centre du monde, se souvient Romane qui a adopté un cocker il y a plus d’un an. J’étais stressée par les maladies qu’il pouvait attraper dans la rue et à un moment j’ai appelé ma famille pour qu’ils viennent me relayer » souffle la jeune parisienne. Si elle a eu la chance de pouvoir déléguer, Romane pense réellement avoir connu un début de burn-out suite à l’arrivée de son petit chien dans sa vie.
Elle n’est pas la seule car selon l’étude, 37 % des 18-34 ans estiment que la responsabilité de s’occuper d’un animal les épuise mentalement et physiquement. « En fait ce qui est fatigant c’est de devoir jongler entre les plannings pour ne pas laisser mon chien trop tout seul. Sans compter le stress pour qu’il ne s’embête pas et économiser assez pour le mettre à la garderie pendant les vacances c’est aussi quelque chose… » grimace Inès, heureuse propriétaire d’un chien depuis ses 31 ans.
Plutôt le puppy blues
Mais les spécialistes n’ont pas encore assisté à une augmentation des consultations pour des cas de burn-out lié à l’adoption d’un animal. « Je vois surtout l’augmentation des parents qui sont touchés par le ''puppy blues''. C’est comme le baby blues surtout chez les propriétaires de chiens avec une certaine anxiété post-adoption. » explique Laëtitia Barlerin, docteur vétérinaire. Certains propriétaires ont idéalisé les premiers jours avec leur animal après des années d’attente. « On sait qu’il va changer notre vie, mais on ne sait pas à quel point et surtout, les contraintes et l’effort qu’il va falloir avoir pour l’éduquer. » termine l’experte. Le puppy blues et le burn-out n’enlèvent rien à l’amour que l’on peut porter à son animal. Pour beaucoup, une fois cette période passée, le lien devient encore plus fort.