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Euro 2016: Le secret de l'Islande? «Il est enfin possible de jouer au football toute l’année»
INTERVIEW•Handballeur à Nîmes et médaillé d’argent avec la sélection islandaise aux JO de Pékin en 2008, Ásgeir Örn Hallgrímsson se penche sur la réussite actuelle de son pays à l’Euro, avant le quart face aux Bleus dimanche…Propos recueillis par Jérémy Laugier
A Lyon,
Ásgeir Örn Hallgrímsson se souvient encore parfaitement de « la folle parade » vécue en 2008 dans les rues de Reykjavik. Huit ans avant l’aventure actuelle de l’lslande en football, le handballeur de l’USAM Nîmes avait permis à sa sélection d’obtenir la première médaille par équipe de l’histoire du pays lors des Jeux Olympiques de Pékin. Pour 20 Minutes, l’ancien Parisien (34 ans) tente de décrypter la réussite sportive de cette île de 330.000 habitants, avant son quart de finale de l’Euro contre les Bleus dimanche (21h).
Suivez-vous de très près le parcours de vos compatriotes dans cet Euro de football ?
Oui, j’ai assisté au match contre la Hongrie (1-1) à Marseille puis surtout à la qualification face à l’Angleterre (2-1) lundi à Nice. C’était une nuit incroyable et magique. J’avais prévu de rentrer cette semaine en Islande pour les vacances mais je m’en serais voulu toute ma vie de manquer ce quart de finale face à la France. Je serai donc à Paris dimanche.
aIl y a des liens entre votre sélection de handball et celle de foot ?
Oui, notamment car mon partenaire en sélection Arnór Þór est le frère d’Aron Gunnarsson, le capitaine de l’équipe de football. Celui-ci a d’ailleurs joué à un bon niveau en handball. C’est clairement grâce à notre sport qu’il arrive à envoyer ses longues touches aujourd’hui (sourire). D’autres joueurs ont un peu pratiqué le handball en jeunes avant d’opter pour le football.
En 2008, votre finale des JO perdue face à la France (23-28) était-elle un exploit comparable à celle vécue actuellement par les footballeurs ?
Oui, un peu, même si je pense que leur performance est une plus grosse surprise que la nôtre à l’époque. Nous avions déjà participé à de grandes compétitions internationales, contrairement à eux. Il faut aussi reconnaître qu’il est plus dur d’atteindre la finale d’un Euro de football.
Avant votre finale à Pékin, pensiez-vous vraiment battre les Experts ? Et les footballeurs croient-ils selon vous à fond en une nouvelle surprise contre la France ?
Oui, notre approche était bonne et notre place en finale était plus une surprise pour les observateurs que pour nous. Pour cette équipe de football, elle n’était à aucun moment dans l’optique de venir en France juste pour participer. Quel que soit le sport, notre mentalité en Islande est de toujours croire en nous et de nous souvenir que nous aurons le même nombre de joueurs sur le terrain que l’adversaire. Les gars ne vont pas s’arrêter en si bon chemin.
Depuis lundi, parlez-vous souvent de ce France-Islande avec vos partenaires nîmois ?
Oui, d’ailleurs on joue parfois au foot ensemble et je suis tellement mauvais qu’ils me chambraient en pensant que la sélection était à mon niveau (sourire).
Sérieusement, comment un pays de 330.000 habitants, avec seulement une centaine de joueurs professionnels, peut être en quart de finale de l’Euro ?
Il y a plusieurs raisons. Déjà, il faut savoir que le football est le sport le plus populaire dans notre pays. Les enfants développent très tôt des aptitudes, d’autant que nous avons beaucoup d’excellents éducateurs dans les petites catégories en Islande. Et puis le déclic dont a profité la génération actuellement en équipe nationale, c’est la construction de nombreux gymnases dédiés au foot. Depuis une petite quinzaine d’années, il est enfin possible de jouer au foot toute l’année en Islande.
Honnêtement, les terrains extérieurs permettent de jouer combien de temps par an dans de bonnes conditions ?
Disons au maximum quatre mois et demi dans des conditions davantage décentes que bonnes. C’est pourquoi le championnat ne peut être qu’une Summer League chez nous. Mais ça signifie que chacun de ces joueurs est habitué à s’entraîner malgré la neige et le vent. Ces conditions extrêmement difficiles les rendent plus forts.
Rarement une sélection n’a semblé aussi unie vers un objectif commun…
Oui, ce sont des amis proches, qui partent en vacances ensemble. Dans notre culture, jouer pour la sélection est vraiment spécial. Ça nous donne un surplus de motivation par rapport à notre carrière en club. Nous sommes tous fiers de porter notre héritage viking.


















