Euro 2016 : «Je suis le premier à dire "Attention" avant l’Islande », prévient Evra

FOOTBALL L’arrière-gauche des Bleus refuse de penser que l’équipe de France va prendre le risque de sous-estimer son adversaire en quarts de finale…

J.L.

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Didier Deschamps et Patrice Evra ont été deux des acteurs majeurs de cette mi-temps qui a changé l'Euro des Bleus face à l'Irlande.
Didier Deschamps et Patrice Evra ont été deux des acteurs majeurs de cette mi-temps qui a changé l'Euro des Bleus face à l'Irlande. — SIPANY/SIPA

A Clairefontaine,

Pour nous vendre la terreur islandaise sur l’air de – c’est-pas-gagné-d’avance-arrêtez-de-nous-voir-trop-beaux, il n’y avait pas mieux que Patrice Evra pour faire le job. Déjà dans les couloirs du parc OL, dimanche, on avait écouté le patron officieux du vestiaire français faire la leçon à nos collègues anglais qui vendaient la peau de la morue islandaise avant de l’avoir pêchée. « Beaucoup de gens sous-estiment les nations inférieures. Les journalistes anglais me parlaient de ce que ça allait me faire de retrouver les Anglais. Je leur ai dit : « J’ai l’impression que vous venez de vous qualifier. Nous, on y est, pas vous encore ». Dans le foot tout peut arriver et l’Islande est passée ».

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Autant dire que les Bleus ne vont pas tomber dans le même piège. Enfin, si ça doit leur arriver, ce ne sera pas faute d’avoir été prévenus par Evra. « C’est pas pour faire plaisir que je dis que l’Islande est dangereuse.J’ai pas attendu le match de l’Angleterre pour dire attention, ça fait 4/5 ans qu’ils jouent ensemble, ils ont battu les Pays-Bas, ils ont battu l’Autriche que tout le monde annonçait comme la surprise de l’Euro… Je suis le premier à dire « Attention les gars, ça va être solide c’est pas un hasard. C’est une équipe qui donne tout pour son peuple ». Les gens ils accablent les Anglais, mais c’est en lever du crédit à l’Islande. Ils ont des très bons joueurs. On ne parle que de leurs longues touches mais ils savent jouer au ballon ».

Jusque-là, tout le monde est d’accord. Mais ça ne change pas fondamentalement les postures avant ce quart de finale : la France n’a pas le droit de se faire éliminer sous peine de se faire sévèrement assaisonner par son public (et pas nous aussi évidemment). Evra ajoute même un élément. Ce n’est qu’à condition de passer l’obstacle islandais qu’on saura si les Bleus ont progressé depuis deux ans. « Jouer un quart de finale, c’est une chance inouïe. En club, j’en ai gagnés je ne sais pas combien, en sélection, jamais. Je n’ai pas envie de m’arrêter aux quarts parce qu’on ne va pas savoir si cette équipe a franchi un palier ». On pourrait rétorquer que c'est un constat qui se discute vu les adversaires de deuxième zone qu’auront eu à défier les Bleus avant la demi-finale éventuelle, mais on garde ce débat pour après la victoire.