Euro 2016: Vacances et vols annulés, l'Islandais s'en fout, il veut absolument voir son quart contre les Bleus

FOOTBALL Les Nordiques affrontent les Bleus dimanche en quart de finale de l'Euro 2016...

R.B.

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Les supporters islandais lors du match entre l'Angleterre et l'Islande le 27 juin 2016.
Les supporters islandais lors du match entre l'Angleterre et l'Islande le 27 juin 2016. — CHINE NOUVELLE/SIPA

Quand on est supporter allemand, on peut sereinement poser ses jours de repos jusqu’aux demi-finales de l’Euro. Quand on est supporter islandais, se retrouver en quart de finale de l’Euro après une victoire historique contre l’Angleterre (2-1) fout un sacré boxon dans l’agenda. Entre vols à décaler, hôtels à réserver en urgence et planning à chambouler, trois supporters nordiques racontent leur préparation improvisée de la rencontre contre les Bleus dimanche (21h). Parce qu’il faut être prêt à tout pour les « Strákarnir okkar ».

Léa Gestsdottir Gayet, Franco-Islandaise installée à Paris

« Ce qu’il faut bien comprendre, c’est qu’on ne se décide pas à venir à l’Euro en France sur un coup de tête en prenant juste sa voiture quand on habite en Islande. Tu es obligé de mettre en place une sacrée organisation pour faire le déplacement depuis l’île. En ce moment, j’héberge mon frère Viktor, venu suivre l’équipe nationale. Bon, son vol retour était prévu mardi, il a décidé de l’annuler pour ne pas rater le match contre la France et du coup. Il va squatter mon canapé plus longtemps (rires).

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Beaucoup de gens ont tenté d’avoir des places car, contrairement aux Anglais, on n’avait pas prévu d’être encore là. J’en ai pris quatre, deux pour moi et mon frère et je ne sais pas encore à qui donner les deux autres, j’ai trop de demandes… Un moment donné, ce n’est plus une question d’argent mais de moment historique à ne pas rater. On est toujours considérés comme un petit truc perdu dans le nord de l’Atlantique et en France, certains nous confondent même avec l’Irlande. Là, on s’intéresse à nous et on veut en profiter au maximum. »

Iris Gunnardsdottir, mère de l’international islandais Johann Gudmundsson

« Là, je vous parle depuis la plage à Nice où je suis resté après notre superbe victoire. C’était tellement dingue, je n’arrêtais pas de pleurer en tribunes. J’ai prolongé mon séjour à l’hôtel, j’en ai réservé un autre à Paris et j’ai décidé de différer mon retour en Islande. Si je ne l’avais pas fait, je l’aurais regretté toute ma vie.

That moment you knock England out of a major tournament. #euro2016 #ISL

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Johann, je l’ai vu une fois à Annecy, où la sélection a installé son camp de base. On a pris un peu de temps ensemble, on a mangé une glace en centre-ville. Je ne le verrai pas avant le quart, je le laisse tranquille. Je lui envoie des textos tous les jours, pour lui demander s’il a bien dormi. Et comme c’est le cas, ça veut dire qu’il sera en forme pour jouer contre vous (rires). »

Einar Hermansson, vacancier islandais

« Je suis actuellement en vacances aux îles Canaries, à Tenerife, où j’ai suivi le match contre l’Angleterre lundi soir. Le lendemain matin, je me suis réveillé en me disant que je ne pouvais pas manquer ça, qu’il fallait que je sois à Saint-Denis pour vivre ce truc énorme avec mes compatriotes. Les billets ? C’est très difficile d’en avoir et ça fait des déçus au pays mais je suis passé par ma boîte. Je débarque en France ce week-end, je viens voir le match et je repars à Tenerife finir mes vacances. Ça sera mon premier match de l’Euro et je compte bien en profiter pour faire notre cri, le "ahou", pendant le match. Ça, je peux te dire, ça te dresse les poils des bras quand tu es au stade. »