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L'Autrichien Marko Arnautovic, le Zlatan du pauvre

Euro 2016: Le Zlatan du pauvre Marko Arnautovic va-t-il encore dégoupiller avec l'Autriche?

FOOTBALLLe talentueux attaquant de Stoke City brille surtout par ses incartades...
Jeremy Goujon

Jeremy Goujon

À Rennes,

Marko Arnautović se montrera-t-il sous son meilleur jour avec l’Autriche pendant l’Euro ? Au sortir d’une saison accomplie avec Stoke City, en tout cas la plus prolifique à titre personnel depuis 2009 (11 réalisations et six passes décisives en 34 rencontres de Premier League), la tendance était plutôt au « oui ».

Le clone d'Ibra

Sauf que chez l’attaquant au catogan, l’indiscipline n’est jamais très loin. Pour preuve, son récent crachat sur le Néerlandais Kenny Tete, en match de préparation à l’Euro. « C’est une personnalité assez spéciale. Quand il a envie de jouer, il peut faire gagner son équipe en marquant deux ou trois buts. Mais il peut aussi péter les plombs et se faire expulser », résume pour 20 Minutes Jean-Luc Arribart, spécialiste du foot anglais.

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Mi-ange mi-démon, Arnautović (27 ans) est souvent présenté comme le Zlatan autrichien. Origine yougoslave, grande taille (1,92 m contre 1,95 m pour Ibra), profil alliant puissance et finesse, melonite aiguë : la liste des points communs, auxquels il faut ajouter la coquetterie capillaire précitée, s’avère non exhaustive. D’ailleurs, le géant suédois a toujours été une source d’inspiration pour le Potter. « J’essaye de copier certaines choses chez lui depuis le début de ma carrière, avoue l’intéressé. Mais nous ne pouvons pas être comparés : il a réussi de bien plus grandes choses que moi. »

Passage remarqué en Allemagne

Lucide, Marko Arnautović sait qu’il n’a pas placé le curseur d’exigence à un niveau aussi élevé que son aîné. « Il a gagné en maturité et en stabilité à Stoke [qu'il pourrait cependant quitter], mais il vit encore sur son nom et ses qualités intrinsèques. C’est presque du gâchis, mais lui se satisfait peut-être de son parcours », estime Patrick Guillou, maître ès Bundesliga. Un championnat fréquenté entre 2010 et 2013 par l’enfant terrible des Rot-Weiss-Roten.

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Son club d’alors, le Werder Brême, doit encore se souvenir de ses écarts de conduite. Au hasard : « Ils avaient un match hyper important pour le maintien [à Leverkusen, en avril 2013], mais Arnautović était sorti la veille avec Eljero Elia [coéquipier batave croisé auparavant à Twente]. Ils se sont fait choper tard dans la nuit par la police et ça s’est mal passé », rappelle ainsi l’ancien adjoint de Willy Sagnol aux Girondins de Bordeaux.

De la condescendance à revendre

C’est que le sale gosse n’apprécie guère qu’on interrompe ses rodéos urbains façon Fast and Furious, d’où des réactions pour le moins inappropriées lors de contrôles routiers. « Tu n’as rien à me dire, car je gagne tellement d’argent que je peux acheter ta vie », avait-il par exemple balancé à un agent viennois, en juin 2012. Si les amateurs de punchlines sont ravis, les dirigeants du Werder beaucoup moins.

Excédés, ils finissent par brader le joueur au moment de le transférer outre-Manche, à l’été 2013 (moins-value de trois millions d’euros). « Quand on connaît la rigueur allemande, sortir régulièrement du cadre équivaut à s’attaquer directement à l’institution. Il n’y a dès lors plus d’autre solution que la séparation », conclut Guillou.

Pas très corporate

Outre les policiers, Marko Arnautović n’hésite pas à s’embrouiller avec ses coachs (y compris José Mourinho durant son prêt à l’Inter en 2009-2010) ou ses partenaires. Un cas délicat à gérer, donc, ce qui pourrait nuire à l’ambitieuse Autriche.

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« Ce n’est pas le gentil mec qui ne va rien dire si tu le sors à la mi-temps, schématise Jean-Luc Arribart. Dans une compétition qui demande une certaine tenue dans un groupe - il faut aimer vivre avec les autres pendant un mois - je ne suis pas sûr qu’il soit capable de démontrer ses qualités, tout en jouant au bon camarade. » Premiers éléments de réponse ce mardi, face à la Hongrie (18 h).