Euro 2016: Les Roumains ne font rien qu'à embêter les Bleus, comme toujours
FOOTBALL•Les premiers adversaires de la France sont du style enquiquinant…N.C.
Allez, c’est parti. ENFIN. L’équipe de France dispute le premier match de son Euro, vendredi. Contre qui déjà ? On exagère un peu, bien sûr, mais à force de parler axe défensif, niveau de Pogba, match Payet-Martial et pression populaire, on en a presque oublié l’adversaire. Certes, la Roumanie, ce n’est pas très sexy sur le terrain. Mais elle n’est pas là pour faire le nombre et s’extasier sur les crochets de Griezmann. Son but: nous pourrir la vie. Et elle est armée pour ça.
Parce que c’est toujours le cas
Deux fois dans leur histoire, les Bleus ont débuté un Euro par la Roumanie. La première, en 1996, ils s’en étaient petitement sortis grâce à un ballon qui n’aurait jamais dû atteindre la tête de Dugarry (1-0). La seconde, en 2008, a débouché sur l’un des pires 0-0 qu’il nous ait été donné de voir dans notre vie. Alors même si la France n’a plus été battue par cet adversaire depuis 1967, ce dernier est clairement à ranger dans la catégorie « enquiquinant » (si si, elle existe). Penser qu’on va les enfoncer en une demi-heure est une grave erreur.
Parce qu’ils ont une grosse défense
Une grave erreur, notamment parce que ces Roumains ont décidé depuis quelque temps de ne plus encaisser de buts. Ou très peu en tout cas. Deux, seulement, lors des 10 matchs de qualification. Personne n’a fait mieux.
Il n’y a peut-être plus de Hagi, de Lacatus ou de Mutu dans cette équipe mais le collectif est bien rôdé. « C’est un bloc compact. Ne croyez pas qu’on ne respecte pas du tout la Roumanie, on est conscient de la difficulté qui nous attend », assure Mandanda. L’Espagne s’est également cassé les dents sur le mur roumain, en mars, en amical (0-0). Ce Ciprian Tatarusanu, auteur de 22 arrêts sur 24 tirs en éliminatoires, pourrait nous faire passer une soirée difficile.
Parce qu’Anghel Iordanescu
Le « Général » est l’homme fort du foot roumain depuis 50 ans. Joueur emblématique du Steaua Bucarest, à qui il offre deux titres de champion en 1976 et 1978 après une décennie de disette, il connaît surtout de grands succès en tant que coach. Adjoint lors de la victoire du club de l’Armée en Coupe d’Europe des clubs champions en 1986, il est seul aux commandes pour la nouvelle finale disputée - et perdue - trois ans plus tard face au grand Milan AC.
Il devient ensuite sélectionneur, et semble être le seul à savoir comment faire gagner le pays. Quart de finaliste du Mondial 94, 8e de finaliste en 98, il est rappelé en 2002 mais a perdu son mojo. Il l’a retrouvé à l’entame de son troisième mandat, en 2014. Il a qualifié la Roumanie pour sa première grande compétition depuis 2008, malgré des moyens très limités. Son style « défense en béton » a fait merveille. Ce n’est peut-être pas aussi spectaculaire qu’en 1994, mais ça peut faire mal.
Parce qu’on les connaît mal, et que devant…
Mardi, Dédé Gignac avait été bien embêté quand il lui avait été demandé ce qu’il connaissait de ce premier adversaire. Alors mercredi, les préposés à la conférence de presse avaient bien révisé. « Les joueurs, on en connaît quelques-uns. Il y a Rat, le capitaine Chiriches, Keseru et Popa, à droite », a répondu Mandanda… avant d’avouer qu’il « s’était préparé ». Bacary Sagna avait lui aussi bien appris son texte : « Ils ont des atouts, des joueurs rapides et techniques, qui vont vouloir nous empêcher de jouer, a expliqué le défenseur. Stanciu du Steaua et Sapunaru, passé par Porto, peuvent apporter offensivement ».
Il aurait pu aussi évoquer le nom de Denis Alibec. L’attaquant de l’Astra Giurgiu, 25 ans, a terminé la saison avec 19 buts et 14 passes décisives. Et un titre de champion de Roumanie dans la poche. Sa majesté Gheorghe Hagi dit de lui qu’il est le « meilleur attaquant roumain » actuel et qu’il a le profil de la belle découverte de l’été. Pas pour la paire Koscielny-Rami, espérons.


















