Euro 2016: A La Chapelle-en-Serval, on aime beaucoup la Roumanie (mais on soutient les Bleus)

FOOTBALL Le premier adversaire de l'équipe de France a pris ses quartiers dans un village du sud de l'Oise...

Nicolas Camus

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La sélection roumaine s'est entraînée en public à Orry-la-Chapelle, son camp de base de l'Oise, le 5 juin 2016.
La sélection roumaine s'est entraînée en public à Orry-la-Chapelle, son camp de base de l'Oise, le 5 juin 2016. — KENZO TRIBOUILLARD / AFP

Vendredi, sur les coups de 21h, tout le pays aura le cœur qui bat très fort pourle match d’ouverture de l’Euro entre la France et la Roumanie. Mais dans un village de 3.500 âmes du sud de l’Oise, on sera peut-être un peu plus partagé qu’ailleurs. Ce village, c’est La Chapelle-en-Serval, lieu choisi par les Roumains comme base arrière pour préparer ce premier tour.

Arrivés sur place dimanche, les premiers adversaires des Bleus se sont tout de suite mis les riverains dans la poche avec un entraînement ouvert au public dans l’après-midi au stade d’Orry-la-Chapelle, juste à côté. Près de 600 personnes étaient là, et sans mauvais esprit aucun. « L’ambiance était super. Ça m’a bluffé, je ne m’y attendais pas, raconte le maire de La Chapelle, Daniel Dray. Il n’y avait pas du tout ce côté adversité. » Et pas seulement parce qu’il y avait beaucoup de supporters roumains dans le lot.

Photoooooooooooo !
Photoooooooooooo ! - RAPHAEL SERRES/SIPA

« C’est une équipe nationale, les enfants sont heureux de voir des joueurs d’un tel niveau, indique Christophe Baury, le vice-président del’AS Orry-la-Chapelle. Que les Roumains soient concurrents directs, ça ne change pas grand-chose. C’est un Euro, c’est la fête du football. Il y a un vrai engouement pour les Roumains. »

Le village s’est paré de drapeaux bleu-jaune-rouge, les couleurs nationales, et a installé à l’entrée des pancartes « Bienvenue Roumanie ». Mais sans en faire des caisses non plus. « On est une petite ville, discrète, on aime bien préserver nos hôtes et c’est aussi pour ça qu’ils sont venus », explique le dirigeant du club de foot.

« Je vois des gens très sympathiques, qui sourient… On s’attache ! »

Les Roumains ont semble-t-il apprécier l’accueil, tout comme la qualité des infrastructures. Et on ne parle pas du Mont-Royal, le château 5 étoiles dans lequel ils dorment. « Quand il a vu le terrain, l’entraîneur a levé le pouce pour me dire qu’il était très content », se réjouit le maire. « Un super boulot a été réalisé. La pelouse a été refaite, c’est super beau, ajoute Christophe Baury. On dirait le Stade de France ! »

Ça tombe bien, c’est là qu’Anghel Iordanescu et ses joueurs sont attendus, dans deux jours. En espérant tout de même qu’ils perdent ou pas ? « S’ils font 2-2, ça me va très bien », répond en bon politique Daniel Dray, « obligé d’être diplomate ». Même si en fait, il le pense vraiment. « Je vois des gens très sympathiques, qui sourient, qui me serrent la main… C’est qu’on s’attache ! Je leur souhaite de réussir ».

Il n'y a pas d'âge pour être supporter.
Il n'y a pas d'âge pour être supporter. - KENZO TRIBOUILLARD / AFP

Au Serval, le seul bar-tabac du village, on n’a rien contre eux. Mais quand même. « On passera le match, et on reste supporters des Bleus », assure Patrice, le patron. « Et celui qui sera pour la Roumanie, il sera mal vu », ajoute-il en rigolant.

Ce que les Roumains ne savent peut-être pas, c’est que la dernière sélection à s’être installée ici avant de jouer les Bleus, c’était l’Ukraine, en novembre 2013, lors du barrage pour le Mondial brésilien. Et ça ne leur avait pas porté chance. « C’est vrai que les adversaires des Bleus qui viennent chez nous, ils perdent », plaisante Christophe Baury. Et en grande majorité, au village, on aimerait que ça continue… au moins jusqu’à vendredi.