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Sonny Anderson: «Aujourd’hui, la mentalité au Brésil, c’est comme l’Italie, le 1-0 suffit»

Sonny Anderson: «Aujourd’hui, la mentalité au Brésil, c’est comme l’Italie, le 1-0 suffit»

INTERVIEWL'ancien attaquant brésilien porte un regard réaliste sur la Seleçao post-Mondial...
Nicolas Camus

Propos recueillis par Nicolas Camus

Sonny Anderson fait partie de ces joueurs qui n’ont pas évolué à la bonne période. La deuxième partie des années 90 et le début des années 2000 n’étaient en effet pas très propices pour les attaquants brésiliens qui ne s’appelaient ni Romario, ni Ronaldo, ni Rivaldo. Dommage pour lui, car l’ancien buteur de Monaco, du Barça et de Lyon aurait aujourd’hui un boulevard pour s’exprimer. A 44 ans, il le fait désormais au micro de beIN Sport, pour qui il commente la Copa America. Avec, évidemment, un regard particulier sur la Seleçao*, qui dispute son quart de finale contre le Paraguay samedi.

Quelle importance revêt la Copa America pour les Brésiliens ?

Chez nous, on dit toujours c’est plus important que la Coupe du monde. Parce que c’est la vraie rivalité pour savoir qui est le plus fort en Amérique du Sud. Pour l’instant, l’Uruguay a gagné 15 fois, l’Argentine 14 et le Brésil seulement 8. Et puis cette année c’est particulier pour les Brésiliens. Il faut gagner parce qu’on a fait une très très mauvaise Coupe du monde à la maison.

C’est une bonne chose de retrouver la compétition un an après ?

Oui, on attend beaucoup de cette Copa. Tout le monde a été déçu du Mondial. On savait qu’on n’avait pas non plus une énorme équipe, mais en jouant sérieusement, à la maison, on espérait quand même aller au bout. Ou au moins en finale. Après, l’Allemagne… On aurait pu perdre 1-0 ou 2-0, mais 7-1 ça a fait mal.



Il y a donc une grosse pression sur le Brésil ?

De toute façon elle est toujours là au Brésil, sur n’importe quel match. Mais là c’est quand même être un peu plus confortable, c’est au Chili. La pression n’est que sur le terrain, et c’est beaucoup plus facile à gérer. Cette pression-là, ils ont l’habitude. C’est celle qui vient de l’extérieur, au quotidien, qui nuit.

Comme est perçu le retour de Dunga à la tête de la sélection ?

C’est vrai qu’au début on se posait beaucoup de questions sur lui. Ça faisait un an et demi qu’il n’avait pas entraîné, il avait subi un gros échec au Mondial 2010… Pour moi, c’est l’entraîneur qu’il faut. On est tous d’accord avec lui pour dire qu’il faut d’abord gagner. La reconstruction du Brésil passe par des victoires, pour reprendre de la confiance. Le peuple brésilien a complètement perdu confiance en sa sélection après le Mondial. Dunga, aujourd’hui, est considéré comme un très bon entraîneur. Il a amené la rigueur, notamment en défense, et ça, il le fallait. Aujourd’hui la mentalité au Brésil c’est comme l’Italie. Le 1-0 suffit !

>> Dunga s’en remet au joga mochito pour faire oublier le 7-1

Ce n’est donc pas très grave que le Brésil ne sorte plus d’attaquants ?

Ah, ça… Le problème est qu’aujourd’hui les clubs laissent partir les jeunes trop tôt. On est en train de voir ce qu’on peut mettre en place pour garder les talents. Neymar est le dernier qui a fini sa formation au Brésil, ce n’est pas un hasard s’il est le meilleur. En partant tôt, nos jeunes prennent le « style européen » et perdent parfois ce qui fait leur force. Mais c’est sûr que quand on voit que Robinho est rappelé pour disputer cette compétition, c’est qu’il y a un gros manque.

* Entretien réalisé avant la suspension de Neymar