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Ligue 1: «Ceux qui ne m’aiment pas m’attendaient au tournant», estime Willy Sagnol

Ligue 1: «Ceux qui ne m’aiment pas m’attendaient au tournant», estime Willy Sagnol

FOOTBALLL’entraîneur réalise un très bon début de saison avec les Girondins…
Romain Baheux

Romain Baheux

Soyons francs, affirmer au coup d’envoi de la saison que Bordeaux serait sur le podium de la Ligue 1 mi-octobre attirait quelques sourires moqueurs dans les dîners en ville. C’est pourtant bien le cas et c’est sans doute un peu grâce à Willy Sagnol, arrivé cet été en Gironde. Invité au salon de l’automobile par le constructeur Kia, sponsor du club, l’entraîneur bordelais a évoqué ses premiers mois à la tête d’une équipe professionnelle.

Êtes-vous surpris par le très bon début de saison de votre équipe?

Je ne peux pas dire que j’espérais une place en particulier au classement après neuf ou dix journées. L’objectif était surtout de prendre des points assez rapidement pour se donner le temps de travailler. On sait que quand on démarre mal, l’urgence devient vite le prochain match. On a gagné ce petit moment de répit pour se concentrer sur des choses qui nous serviront dans quelques mois. C’est un luxe.

Qu’est-ce qui a changé dans cette équipe par rapport à la saison dernière?

Les joueurs étaient arrivés en fin de cycle avec Francis Gillot. C’est moi qui suis arrivé mais ça aurait pu être Pierre, Paul ou Jacques. Tout le monde avait besoin d’un changement et j’ai bénéficié d’un contexte où les joueurs étaient contents de voir une nouvelle tête.

Avez-vous l’impression que votre classement est suffisamment valorisé?

C’est le football et la culture française. On aime bien insister sur les côtés négatifs, on n’aime pas valoriser les bonnes choses. Je ne me pose pas la question de savoir si on est bien ou mal traités médiatiquement. Tant que tout le monde sera content de venir le matin à l’entraînement, on sera sur le bon chemin.

Estimez-vous avoir importé la culture du Bayern à Bordeaux?

On ne peut pas importer comme cela une culture car elle sera vite balayée par la culture française. J’ai peut-être apporté un peu d’exigence mais les joueurs étaient près à ça. Ça a mis un état d’esprit positif dès le départ.

Vous parlez de culture française. Pensez-vous, comme Carlo Ancelotti, que les joueurs français sont moins travailleurs que les autres?

On peut dire tout ce que l’on veut sur la formation à la française. Aujourd’hui quand je prends les chiffres, je vois que la France est la nation européenne la plus représentée chez les joueurs inscrits en Ligue des champions et ça veut tout dire. Après, on peut dire que tel pays travaille mieux que tel autre pays, ce sont des points de vue. Moi, je donne un fait.

Les espoirs sont en bonne posture pour participer à l’Euro 2015. Regrettez-vous d’avoir laissé votre poste de sélectionneur pendant les qualifications?

Ça me gênait d’un point de vue intellectuel de ne pas aller au bout d’une génération mais un personnage important du monde du football m’a dit «si ton envie est plus forte que ta culpabilité, il faut partir». Ça a duré plusieurs semaines puis l’envie est devenue plus forte.

Avez-vous eu l’impression d’être particulièrement observé pour vos débuts?

Forcément. Même si ça n’est pas voulu, je ne pense pas être quelqu’un qui laisse indifférent. Je ne suis pas quelqu’un d’effacé, si je veux dire quelque chose, je n’hésite pas. Ceux qui ne m’aiment pas m’attendaient au tournant.

Le contexte girondin est-il propice à une première expérience d’entraîneur?

Il y a des pressions différentes d’un club à un autre. Au quotidien, travailler avec Jean-Louis Triaud, c’est vraiment pas mal. C’est quelqu’un qui a envie de gagner mais il est aussi très réaliste. Il connaît les limites de son club. Ça permet de travailler de manière intelligente. Il y a des objectifs à tenir, on sait que l’on ne peut pas en avoir certains, et on s’attelle à ça.