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France-Ukraine: «Vous croyez qu’en 98 et avant, il ne se passait rien?» se demande Fabrice Pancrate

France-Ukraine: «Vous croyez qu’en 98 et avant, il ne se passait rien?» se demande Fabrice Pancrate

FOOTBALL – Le joueur du FC Nantes revient sur l’image de l’équipe de France…
A Nantes, Charles Guyart

A Nantes, Charles Guyart

C’est ce qu’on appelle ne pas avoir sa langue dans sa poche. Au lendemain de la victoire des Français contre l’Ukraine (3-0), tout le monde à son avis. Et le joueur du FC Nantes Fabrice Pancrate en a un particulièrement tranché. Pour lui, la seule différence entre la génération glorieuse de 1998 et celle d’aujourd’hui, ce n’est pas le comportement, mais les résultats.

Comment avez-vous vécu la qualification des Bleus mardi?

J’ai vibré, et ça m’a fait plaisir car ça a fermé la bouche à beaucoup de mauvaises langues. Ceux qui critiquaient il y a deux jours ont retourné leur veste.

Comprenez-vous que le public puisse avoir du mal à s’identifier à cette équipe?

Je pense que la génération 98 fera toujours du mal aux autres qui passeront, parce qu’au-delà d’avoir gagné la première coupe du monde, les mecs avaient une image que les gens n’oublieront pas. On sentait une équipe unie, une famille même. C’était très dur de l’intégrer alors qu’aujourd’hui elle est plus accessible. A l’époque de Zidane, le noyau n’avait pas changé de 1996 à 2000, à l’exception d’un ou de deux joueurs. Ces mecs-là ont le totem, comme dans Koh Lanta, ils ont l’immunité totale! La seule manière de se détacher de ça, c’est de gagner un deuxième Mondial et d’écrire sa propre histoire.

Difficile de tourner la page avec l’omniprésence des champions de 98

Ils sont partout, et à juste titre, mais c’est vrai que quand ils critiquent, parfois à tort et à travers, ça n’aide pas les nouveaux qui n’ont rien demandé, qui sont là pour jouer et qui prennent dans la gueule les erreurs de certains. Ce qui m’agace, c’est qu’on pointe du doigt les erreurs de la génération actuelle, or en 1998, et même avant, c’était pareil, voire pire, sauf qu’au niveau de la communication, c’était mieux géré, c’était caché. L’affaire Zahia, par exemple: vous croyez qu’en 98 et avant il ne se passait rien? On est des hommes avant tout! Je pense qu’il n’y a pas que dans le football que ce genre de choses arrivent, mais quand on est footballeur, on se doit d’être un exemple, et ça doit passer par un peu d’hypocrisie.

Donc si on veut un soutien unanime, il faut privilégier le comportement et non le talent des joueurs?

Le problème, c’est que, souvent, les joueurs les plus talentueux sont aussi les plus bordéliques (rires)! Au FC Nantes, si on parle de l’époque Suaudeau, j’ai beaucoup de dossiers sur des gars. Ils ne faisaient pas moins que ceux d’aujourd’hui, mais ils avaient des résultats, et c’est plus facilement excusable que sans résultat.