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Tour de France 2013: Jan Bakelants, l'ingénieur casse sa réputation d'éternel perdant

Tour de France 2013: Jan Bakelants, l'ingénieur casse sa réputation d'éternel perdant

CYCLISMELe Belge a remporté la deuxième étape et s’est emparé du maillot jaune...
Romain Baheux

Romain Baheux

De notre envoyé spécial à Ajaccio (Corse-du-Sud),

Si personne ne l’avait poussé, Jan Bakelants ne porterait sans doute pas le maillot jaune à la troisième étape du Tour de France. «Il n’avait même pas vu qu’il avait pris trois mètres sur le reste du groupe, raconte Alain Gallopin, son directeur sportif à la RadioShack. Kim Andersen (un autre directeur sportif de l’équipe) a dû lui hurler d’accélérer dans l’oreillette.» Sorti avec cinq autres coureurs sur le front de mer d’Ajaccio, le Belge n’a pas laissé passer sa chance. Pour une fois.

Jusqu’ici, Bakelants, opéré du genou droit cet hiver, traînait surtout une étiquette de poissard. Un rapide coup d’œil à son palmarès montre qu’il était davantage habitué à laisser les honneurs des podiums à ses concurrents. Pas la moindre victoire dans un Grand Tour avant son passage en tête sur la ligne d’Ajaccio, une troisième place sur le Tour du Luxembourg et sur son championnat national cette année, Bakelants n’arrivait pas à gagner. «Il a besoin d’être coaché sans arrêt, poursuit Alain Gallopin. On a eu des conversations assez dures avec lui pour corriger ses bêtises.»

«Il n’est pas trop branché filles et voitures»

Au bord des larmes à l’arrivée, le Belge jubile, lui l’électron libre de sa formation. Ancien étudiant à l’université de Louvain-la-Neuve (Belgique), ce diplômé en agronomie est un cas un peu à part dans la profession. «Pour schématiser, les autres coureurs parlent de filles et de voitures, raconte son équipier et compatriote Maxime Monfort. Lui, on le chambre souvent parce qu’il n’est pas très branché là-dessus. Il est au-dessus de tout ça.» «Je ne suis devenu professionnel qu’à 23 ans, raconte l’intéressé. J’ai d’abord souhaité prendre le temps d’étudier.»

>> La 2e étape à revivre en live comme à la maison

Il va maintenant pouvoir plancher sur la meilleure manière de sortir de l’Ile de Beauté avec son maillot jaune. Lundi, le peloton rejoindra Calvi (Haute-Corse) dans une étape définie comme piège avec quatre cols recensés pour la dernière étape sur l’Ile de Beauté. «Son maillot jaune nous permettra de rouler en tête, avance Monfort. Si tout se passe bien demain, il pourra le garder.» Et vérifier que sa poisse est partie.