La paire de double française médaillée de bronze aux Jeux olympiques de Londres, Julien Benneteau (en dessous) et Richard Gasquet, le 4 août 2012.
La paire de double française médaillée de bronze aux Jeux olympiques de Londres, Julien Benneteau (en dessous) et Richard Gasquet, le 4 août 2012. - Sipa

Romain Scotto, à Londres

De notre envoyé spécial à Londres,

C’est l’effet JO. Ou l’effet Benneteau. Quoi qu’il en soit, le Richard Gasquet médaillé de bronze en double à Londres a offert un visage qu’on ne lui connaissait pas. Transcendé sur le court à l’idée de rapporter une breloque à la France, face à la paire espagnole Ferrer – Lopez, le Biterrois n’avait jamais semblé si conquérant dans un match. Le poing régulièrement levé, il s’est permis d’exulter comme jamais une fois la rencontre terminée. Dans les bras d’un Benneteau en pleurs, il aurait pu embrasser les juges de ligne, les ramasseurs de balle et tout le public du court numéro 1 si le protocole ne l’obligeait pas à décamper.

Premier spectateur de cette métamorphose, son partenaire avoue qu’il ne l’avait jamais vu dans cet état, tout comme le DTN Patrice Hagelauer: «Il a vraiment été très étonnant. Par son attitude d’abord, mais aussi ses coups de magicien par moments.» Assez vite redescendu sur terre après la rencontre, Gasquet tenait pourtant à minimiser ce «changement»: «Je crois que j’ai déjà été comme ça sur certains matchs. On avait vraiment très envie. C’est fabuleux, je sentais beaucoup de stress parce que si on avait fini quatrièmes, c’était une place ignoble.»

Benneteau coach mental

A quel type d’émotion peut-il comparer ce que lui procure cette médaille de bronze? Pas grand-chose, tant l’instant semble unique dans la carrière des deux hommes. «En tout cas, j’étais aussi stressé qu’en match de Coupe Davis ou qu’en quart ou demi à Wimbledon», confesse le Français, boosté par la hargne de Julien Benneteau. Depuis des mois, l’invité de dernière minute (il remplace Gaël Monfils blessé) ne rêve que des JO.

En tant que spécialiste du double, il a donc joué les grands frères avec un Gasquet très peu expérimenté dans ce domaine. «Il était très à l’écoute. Je ne lui donnais aucun conseil technique ou tactique. C’est juste dans l’attitude ou la volonté. J’essayais de le réconforter pour ne pas qu’il doute, qu’il continue à être agressif.» Voilà donc le secret. Pendant la rencontre, c’est Benneteau qui lui répétait que rien ne pouvait l’effrayer. «Je lui disais ‘t’es un monstre, tu ne peux pas louper. T’es plus fort que les mecs en face’. Et il m’a dit ‘t’as raison, je ne peux pas la louper’. Il a été hyper solide.» Sa reconversion en coach mental est déjà assurée.