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Le MMA, la nouvelle drogue des jeunes?

Le MMA, la nouvelle drogue des jeunes?

FREE FIGHTLe Mixed Martiel Arts, encore interdit en France, est le sport qui se développe le plus rapidement aujourd'hui en Amérique du Nord, séduisant largement les 18-35 ans...
B.V.

B.V.

«C’est la forme ultime du sport! Homme contre homme, poing contre poing. C’est la vie, quoi!». Aux abords du Rogers Centre de Toronto, Jonathan exulte. Pour la première fois de sa vie, ce jeune Canadien de 23 ans va assister «en live» à une compétition de MMA, combats en cage alliant plusieurs type d'arts martiaux, dont le ju-jitsu, le kick boxing ou encore le judo. Et pouvoir crier encore plus fort son amour pour ce sport, nouvel opium de la jeunesse nord-américaine, et pour la nouvelle idôle du pays, le combattant Georges Saint-Pierre.

«Le sport numéro un au Canada»

Comme les 55.000 fans – un record pour du MMA – présents ce soir-là, Jonathan a vu un vrai show à l’américaine, au cœur duquel l’enfant de Toronto, Mark Hominick, a enflammé la salle en poursuivant un combat malgré un œuf de pigeon de la taille d’un chausson aux pommes sur le front, et conclut par la victoire de la star St-Pierre. Autant dire la soirée parfaite pour poursuivre la croissance de l’UFC, principale franchise exploitante du MMA – comme la NBA au Basket.

«Nous sommes le sport qui grandit le plus rapidement au monde actuellement, explique Lorenzo Fertitta, l’un des propriétaire de l’UFC. On va être le plus grand sport du monde car on est le seul sport où peu importe d'où tu viens et ce que tu fais, tu comprends ce qui se passe. Nous sommes tous humains, nous avons tous cet instinct de combat.» Interdit en France en raison de la violence de ses combats, le MMA connaît un succès foudroyant en Amérique du Nord, au Brésil ou au Japon. «C’est le sport numéro un au Canada devant le Hockey», s’aventure même Denise, 29 ans, fan absolue.

Sport spectacle

Les 18-35 ans notamment, ennuyés par la boxe «à l’ancienne», en raffolent. «C’est incroyablement excitant et divertissant, justifie Denise. Il y a beaucoup d’action, et les combattants sont extrêmement talentueux dans l’utilisation de leurs techniques.» «Ce ne sont pas deux pochtrons qui s’affrontent dans un bar, poursuit Cyrille Diabaté, un combattant français qui s’est déjà battu 3 fois pour l’UFC. C’est un sport spectacle, mais il n’y a pas d’animosité dans le cage. C’est la compétition ultime où tout se joue sur la technique, le physique, le mental.»

Certains parents y ajoutent même des vertus éducatives. «Ca apprend aux gamins la discipline, à être prudents et concentrés», soutient Peter, qui a amené à Toronto son gamin de 16 ans. Et la violence? «Il y a des règles. Quand ça va trop loin, ils arrêtent», répond instantanément sa femme. «Personne ne nie que c’est un sport violent, enchaîne Diabaté. Mais pas plus que le rugby ou la boxe. La preuve: il n’y jamais de blessures graves en MMA.» Les attraits de la violence maitrisée.