Equipe de France: Ce match amical contre l’Allemagne, qu’est-ce qu’on a envie d’en faire?

FOOTBALL Ce match amical contre les champions du monde en titre n'a rien d'anodin, à huit mois de partir en Russie...

Nicolas Camus

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Didier Deschamps à l'entraînement à Cliarefontaine, le 12 novembre 2017.

Didier Deschamps à l'entraînement à Cliarefontaine, le 12 novembre 2017. — FRANCK FIFE / AFP

  • Les Bleus affrontent l'Allemagne mardi soir à Cologne.
  • Didier Deschamps devrait aligner une équipe bien différente de d'habitude. 
  • Ce match amical contre les champions du monde en titre n'a rien d'anodin alors qu'il n'y aura plus qu'un rassemblement avant la compétition en Russie. 

 

Si on était à la place de Didier Deschamps, qu’est-ce qu’on en ferait, en vrai, de ce match amical en Allemagne ? C’est la question qui nous est venue à l’esprit avant de débarquer à Cologne, lundi, parce qu’à bien y réfléchir, ça n’a rien d’évident d’affronter un (autre ?) prétendant au titre à huit mois d’une Coupe du monde.

Quel onze de départ aligner ? Si on poursuit avec l’équipe-type du moment et que les Bleus sont surclassés, on perd à la fois la confiance et les quelques certitudes qu'on a avant d'aller en Russie. Et si on décide de passer en mode revue d’effectif, qu'attendre de plus qu'une bonne surprise dans un contexte loin d'être évident pour intégrer les nouveaux ?

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Vous nous direz, dans ces deux cas, on a l’air de n’envisager qu’une défaite. Alors qu’en plus, les Bleus sont les rois des amicaux outre-Rhin (trois victoires en trois matchs depuis 1996). Et ils n’avaient pas eu peur de jouer leurs voisins exactement à la même période avant l’Euro 2016, avant de les battre en demi-finale l’été suivant.

C’est vrai, ça peut très bien se passer. Ça n’empêcherait pas les questions, selon les joueurs que l’on voit sur le terrain. Imaginons les jeunots marcher sur l’Allemagne. On renverserait alors complètement la hiérarchie en s’asseyant sur tout ce qui a été construit ces deux dernières années ? Bref, des questions, beaucoup de questions.

A priori, Didier Deschamps va innover mardi soir. Entre les indices donnés par le sélectionneur devant la presse (il avait laissé entendre en début de rassemblement que le temps était encore aux expérimentations, notamment concernant le système de jeu) et ceux récoltés lors de la mise en place lundi soir, on partirait selon l’Equipe sur un 4-3-3 avec l’inédit trio Martial-Lacazette-Mbappé devant, Rabiot en sentinelle derrière Tolisso et Matuidi, et une charnière Varane-Umtiti qui ne compte que deux matchs et demi en commun.

«On est performant en 4-2-2, mais au niveau international, il ne faut pas qu'un seul schéma, justifie DD. J’ai regardé l'Allemagne, ils jouent parfois à trois derrière, avec un milieu plus ou moins fourni. On doit etre capable d’être performant dans plusieurs configurations, avant et en cours de match. Dans le but de surprendre l’adversaire.»

Les trucs bien avec cette compo:

  • Grosse densité au milieu + la vitesse de deux ailiers pour donner à Lacazette = la solution pour faire mal quand on joue une équipe qui aime la possession ?
  • Varane-Umtiti, c’est clairement l’avenir de la défense des Bleus. Il est plus que temps de leur faire accumuler des minutes ensemble.
  • Revoir Digne à gauche, quand Kurzawa n’inspire confiance à pas grand-monde.
  • Tolisso qui enchaîne. Ça va être compliqué d’expliquer à Pogba quand il reviendra qu’il doit s’asseoir sur le banc.

Les trucs moins bien:

  • Donc on s’adapte à l’adversaire ? On n’était pas censé se créer une identité de jeu claire avec les joueurs qu’on a sous le coude ?
  • Martial est l’un des meilleurs attaquants d’Europe en sortie de banc cette saison, pourquoi ne pas le tester dans cette configuration puisque c’est sûrement dans ce domaine qu’il sera utile au Mondial ?


Au-delà de ces considérations, l’impression globale que laisseront les Bleus à Cologne va compter. « Les Allemands ont un groupe similaire au nôtre, un mélange de joueurs expérimentés et de jeunes talentueux. On n’a pas à se sentir inférieurs », estime Raphaël Varane. On ne demande qu’à en être persuadés. Les joueurs de Joachim Löw dégagent une cohérence, même quand ce sont les jeunes qui tiennent la maison comme lors de la Coupe des Confédérations, dont ne peuvent pas encore se targuer les Bleus.

« Je considère que l’Allemagne est au-dessus de nous, de part leur vécu ces dernières années, leur expérience commune, indique pour sa part Didier Deschamps. J’ai de jeunes joueurs de qualité mais qui n’ont pas de vécu important au niveau international. Chaque match, chaque rassemblement leur permet de progresser. » Il faut l’espérer, car le groupe n’aura ensuite plus qu’une semaine à passer ensemble, en mars, avant la liste.