Stade Rennais: «On fait les choses à l'envers», Christian Gourcuff regrette déjà l'arrivée d'Olivier Létang

FOOTBALL L’ancien directeur sportif du PSG a remplacé René Ruello à la présidence du club breton, vendredi soir…

Jeremy Goujon

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Olivier Létang, nouvel homme fort du Stade Rennais.

Olivier Létang, nouvel homme fort du Stade Rennais. — É. Dessons / JDD / Sipa

  • La victoire du SRFC contre Bordeaux (1-0) a été éclipsée par les bouleversements à la tête du club bretillien.
  • Trois ans et demi après son retour, René Ruello cède son fauteuil de président à Olivier Létang.
  • L’entraîneur Christian Gourcuff, lui, est dans l’expectative.

« Ça faisait super longtemps que le Stade Rennais n’avait pas aligné quatre victoires consécutives. Et le soir de sa 4e victoire, il n’a plus de président… C’est le Stade Rennais, on le sait de toute façon. Moi, ça fait 17 ans que je suis là, et voilà… C’est un club à part. » Romain Danzé a raison : le SRFC ne fait décidément rien comme les autres.

« Vous m’en apprenez une bonne »

Quelques secondes après le succès des Rouge et Noir face à Bordeaux (1-0), vendredi, le quatrième d’affilée toutes compétitions confondues donc - une première depuis septembre 2015 - un (premier) communiqué tombait sur le site officiel de l’institution bretonne (à 22 h 35).

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René Ruello, qui s’était déjà illustré plus tôt dans la journée en détruisant un journaliste de Ouest-France, y annonçait sa décision « de quitter (ses) fonctions à la présidence, malgré le soutien et les assurances de (son) actionnariat ». « Ça fait trente ans que je suis dans le milieu du foot. J’ai vraiment vu de tout, et là, vous m’en apprenez une bonne », réagira l’entraîneur des Girondins, Jocelyn Gourvennec, ancien joueur rennais (1991-1995, puis janvier 2000-2002).

Écœuré et choqué

Pas né de la dernière pluie non plus, son homologue Christian Gourcuff exprimait, lui, son « sentiment d’écœurement total » vis-à-vis de la situation. « J’aime le foot, j’aime mon boulot, mais j’ai mes valeurs et mes convictions, expliquait le technicien finistérien. Je suis venu ici pour quelque chose de très précis : construire un club avec une identité de jeu et une identité régionale. Si ce projet-là tombe à l’eau… Le président Ruello m’avait appelé [pour retourner à Rennes], sinon je ne serais pas venu. Je l’ai dit, je n’étais pas à la recherche d’un contrat [après son départ de la sélection algérienne, en avril 2016]. »

À cet instant, Gourcuff espérait encore que « la démission de René Ruello », constituant « évidemment un choc », ne soit « pas définitive, car l’intérêt du Stade Rennais, de Rennes et même de la Bretagne est qu’il reste au club ».

Delanoë également promu

Mais ça, c’était avant la publication d’un deuxième communiqué (à 23 h 40), indiquant « la nomination d’Olivier Létang au poste de président délégué et manager général » du SRFC, Jacques Delanoë (ami de longue date de François-Henri Pinault et membre du conseil d’administration) devenant « président non exécutif ». Effective au sortir du CA prévu le 7 novembre, cette redistribution des cartes sonnera-t-elle la fin du game pour Christian Gourcuff ?

Tandis que Ruello conseillait à son successeur d’avoir « la sagesse, la patience et l’intelligence de poursuivre avec [lui] le travail que [le coach] a commencé », le « père de » « attend de voir ce qui va se passer dans les prochaines semaines ». Ses premières impressions, dévoilées a priori, sur l’ancien dirigeant du Stade de Reims et du PSG, ne semblent, en tout cas, augurer une future collaboration. « Je ne connais pas Olivier Létang, mais ça m’étonnerait que quelqu’un qui soit parachuté vienne pour ce qu’on voulait faire, estime ainsi Gourcuff. On fait les choses à l’envers. »